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Un groupe anti-Pyongyang revendique l'attaque contre l'ambassade nord-coréenne à Madrid

Revendiquée mercredi par un mystérieux groupe d'opposants au régime nord-coréen, dont le chef présumé comptait parmi ses fausses identités celle d'"Oswaldo Trump", l'attaque contre l'ambassade de Corée du Nord à Madrid fin février semble sortie tout droit d'un roman d'espionnage.

Dénommé Défense civile Cheollima (DCC), ce groupe a indiqué avoir mené ce raid dans le but de mettre fin aux activités "illégales" menées par les représentations diplomatiques nord-coréennes.

Se présentant, selon la justice espagnole, comme un mouvement de défense "des droits de l'homme pour la libération de la Corée du Nord", DCC a tenté sans succès de provoquer la défection du chargé d'affaires de l'ambassade. Avant de proposer au FBI du matériel dérobé lors de l'assaut.

Ce groupe, qui propose son aide aux Nord-Coréens tentant de fuir leur pays et veut renverser le régime, s'est autoproclamé en février gouvernement nord-coréen en exil, baptisé "Joseon libre", du nom de la dynastie qui occupa le trône coréen de 1392 à 1910, année de l'annexion par le Japon.

Après des semaines de mutisme total jusqu'au sommet de l'Etat espagnol, un juge d'instruction a dévoilé mardi une foule de détails sur cet assaut et le commando l'ayant perpétré, dont plusieurs membres font l'objet d'un mandat d'arrêt international.

Le chef présumé du commando est un certain Adrian Hong Chang, de nationalité mexicaine mais résidant aux Etats-Unis.

FBI 

Cinq jours après l'assaut - qui a eu lieu le 22 février, peu de temps avant un sommet à Hanoï entre le président américain Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un - Hong Chang est "entré en contact avec le FBI" à New York "afin de lui remettre des informations relatives à l'incident (...) ainsi que du matériel audiovisuel obtenu", selon la justice.

Il a assuré avoir agi de sa propre initiative.

Dans son communiqué, DCC a affirmé pour sa part avoir partagé avec la police fédérale américaine des "informations d'une valeur potentiellement énorme".

La représentation diplomatique nord-coréenne à Madrid a pour particularité d'avoir eu pour dernier ambassadeur Kim Hyok Chol. Expulsé en septembre 2017, il est devenu depuis l'une des personnes de confiance de Kim Jong-Un et son émissaire pour les Etats-Unis.

Venu une première fois à Madrid début février, Adrian Hong Chang s'était présenté le 7 à l'ambassade nord-coréenne comme Matthew Chao - l'une des autres identités qu'il utilisait avec celle d'Oswaldo Trump - "managing partner" de la société Baron Stone Capital.

Intéressé par de potentiels investissements en Corée du Nord, il avait demandé à rencontrer le chargé d'affaires de l'ambassade.

Il s'était ensuite rendu dans un magasin où le commando allait acheter les pistolets factices et les couteaux de combat utilisés lors de l'assaut, avant de repartir d'Espagne le 8, et d'y revenir le 19 en provenance de Prague.

Trois jours plus tard, le commando d'une "dizaine d'hommes" mené par Adrian Hong Chang prend d'assaut l'ambassade, toujours selon le récit du juge espagnol, et prend en otage ses occupants, ligotés et la tête recouverte de sacs en plastique.

Deux des assaillants amènent le chargé d'affaires de l'ambassade au sous-sol pour l'inciter à faire défection, ce qu'il refuse.

Dans son communiqué, la DCC a démenti avoir eu recours à la violence.

Pin's de Kim Jong Un

L'alerte finit par être donnée par l'une des occupantes de l'ambassade parvenue à s'échapper par une terrasse du premier étage, se blessant gravement dans sa chute.

Les urgences interviennent, la police arrive et sonne à la porte de l'ambassade. Mais Adrian Hong Chang leur ouvre, un pin's de Kim Jong-Un sur la veste. Se faisant passer pour un "haut représentant" de l'ambassade, il leur assure que tout va bien.

Avec "quelques clés USB, deux ordinateurs, deux disques durs (...) et un téléphone mobile" pour butin, les assaillants s'enfuient, pour la plupart à bord de véhicules de l'ambassade.

Adrian Hong Chang et un autre fuient à bord d'un Uber, commandé sous le faux nom "Oswaldo Trump".

Le lendemain, il prend un avion à Lisbonne pour New York.

La DCC est apparue en 2017 lorsqu'elle a publié sur internet une vidéo du neveu de Kim Jong Un expliquant s'être mis en sécurité après l'assassinat de son père Kim Jong Nam, demi-frère exilé du dirigeant nord-coréen, à l'aéroport de Kuala Lumpur en février 2017.

Revendiquée mercredi par un mystérieux groupe d'opposants au régime nord-coréen, dont le chef présumé comptait parmi ses fausses identités celle d'"Oswaldo Trump", l'attaque contre l'ambassade de Corée du Nord à Madrid fin février semble sortie tout droit d'un roman d'espionnage. Dénommé Défense civile Cheollima (DCC), ce groupe a indiqué avoir mené ce raid dans le but de mettre fin aux activités "illégales" menées par les représentations diplomatiques nord-coréennes. Se présentant, selon la justice espagnole, comme un mouvement de défense "des droits de l'homme pour la libération de la Corée du Nord", DCC a tenté sans succès de provoquer la défection du chargé d'affaires de l'ambassade. Avant de proposer au FBI du matériel dérobé lors de l'assaut. Ce groupe, qui propose son aide aux...