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La France réservée sur un tribunal international anti-EI

AFP
26/03/2019

La France a émis de fortes réserves mardi sur la demande kurde de création d'un tribunal international en Syrie pour juger les crimes commis par les jihadistes du groupe Etat islamique (EI).

"La création d'un tel tribunal international spécial est une opération complexe. Sa mise en œuvre soulèverait des difficultés d'ordre juridique et pratique", a relevé un porte-parole du ministère français des Affaires étrangères.

"La France privilégie le jugement des combattants de Daech (acronyme de l'EI en arabe) là où ils ont commis leurs crimes. C'est une question de justice et de sécurité à la fois", a-t-il ajouté en référence aux juridictions locales.

Les Kurdes de Syrie ont appelé lundi à la création d'un tribunal international spécial, basé dans le nord-est de ce pays, pour juger les crimes commis par l'EI durant les plus de quatre ans de son "califat", aujourd'hui éradiqué.

Les Forces démocratiques syriennes (FDS), coalition arabo-kurde, ont arrêté plus de 5.000 jihadistes désormais détenus dans les prisons de l'administration autonome de facto établie par les Kurdes dans les régions sous leur contrôle dans le nord-est de la Syrie.

Hors Syriens et Irakiens, ils sont environ un millier d'étrangers, que leur pays d'origine, notamment européens, rechignent à rapatrier.

Principal soutien des FDS, les Etats-Unis ont refusé d'évoquer la piste d'une juridiction internationale. "Nous n'étudions pas ça à ce stade", a dit le représentant spécial américain pour la Syrie James Jeffrey pour qui la "priorité" américaine est "de faire pression sur les pays pour qu'ils reprennent leurs propres ressortissants, qu'ils aient commis des crimes ou pas".

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