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Un Turc employé au consulat américain d'Istanbul jugé pour espionnage

Le consulat américain à Istanbul. REUTERS/Murad Sezer/File Photo

Un employé turc du consulat américain à Istanbul, dont la détention a tendu les relations entre les Etats-Unis et la Turquie, a rejeté les accusations d'espionnage portées contre lui par Ankara, à l'ouverture de son procès mardi.

"Contrairement à ce qui est affirmé, je n'ai pas trahi ma patrie. Je ne suis pas quelqu'un de méprisable", s'est défendu Metin Topuz au tribunal de Caglayan, à Istanbul, selon une correspondante de l'AFP.

M. Topuz, chargé au consulat américain de faire la liaison entre les autorités américaines et la brigade de lutte contre le trafic de stupéfiants de la police turque, a été arrêté en octobre 2017 et maintenu depuis en détention provisoire.

Accusé par les autorités turques d'"espionnage" et de "tentative de renversement du gouvernement", il risque la prison à vie.

Les autorités turques l'accusent notamment d'être lié au mouvement du prédicateur Fethullah Gülen qu'Ankara qualifie de "groupe terroriste". M. Gülen est présenté par la Turquie comme le cerveau d'une tentative de coup d'Etat en 2016, ce qu'il nie.

"Je n'ai jamais eu aucune relation avec l'organisation terroriste FETO", a déclaré M. Topuz lors de l'audience, utilisant l'acronyme employé par les autorités turques pour désigner le mouvement de M. Gülen. "Ces accusations sont humiliantes pour moi et pour ma famille. Je suis innocent", a ajouté le prévenu qui était arrivé au tribunal en pleurant.

L'arrestation de M. Topuz avait provoqué la colère de Washington et attisé les tensions déjà vives entre les deux pays. En plus des différends sur le dossier syrien, la demande d'extradition du prédicateur Gülen, installé aux Etats-Unis depuis une vingtaine d'années, est restée infructueuse à ce jour.

Ankara et Washington, alliés au sein de l'OTAN, avaient ainsi réciproquement suspendu pendant près de trois mois la plupart de leurs services de délivrance de visas.

"Injuste"
Signe que Washington suit le procès de près, le chargé d'affaires américain à Ankara Jeffrey M. Hovenier et la consule générale à Istanbul Jennifer L. Davis étaient présents au tribunal mardi, selon l'AFP.

La première série d'audiences doit se poursuivre jusqu'à jeudi, jour où le tribunal devra décider de maintenir ou non M. Topuz en détention pour le reste du procès.

Outre M. Topuz, deux autres employés turcs des missions américaines ont été incarcérés: Hamza Ulucay, travaillant au consulat d'Adana, condamné pour aide à une "organisation terroriste" mais libéré sous contrôle judiciaire en janvier, et Mete Canturk, du consulat d'Istanbul, actuellement assigné à résidence pour des charges similaires à celles de M. Topuz.

Un Américain, Serkan Gölge, scientifique de la Nasa, a été condamné en février 2018 à sept ans et demi de prison pour appartenance aux réseaux gulénistes.

Selon un haut responsable américain parlant sous couvert de l'anonymat, la priorité de Washington est d'"obtenir la liberté de nos employés turcs injustement détenus". Il pointe l'absence "d'élément qui soutienne les charges retenues contre Hamza, Metin ou Mete".

"Et nous sommes également très, très concentrés sur nos citoyens américains, avec une attention particulière pour Serkan Gölge", a ajouté ce responsable.

Multiples désaccords 

M. Topuz est accusé par le procureur d'avoir eu des contacts fréquents avec des membres présumés du mouvement du prédicateur Gülen.

Il lui est aussi reproché de s'être entretenu à plusieurs reprises avec des enquêteurs à l'origine d'un scandale de corruption qui avait fait vaciller le gouvernement turc en 2013, mais qui avait été étouffé et mis par Ankara sur le compte d'un complot guléniste.

Les relations entre Ankara et Washington se sont quelque peu détendues ces derniers mois après la libération conditionnelle, en octobre, d'un pasteur américain, Andrew Brunson, après deux ans de détention en Turquie.

Mais de nombreux objets de tensions demeurent. Les Etats-Unis s'agacent notamment de la détermination de la Turquie à se procurer des systèmes antimissiles russes S-400, qu'ils estiment incompatibles avec les équipements utilisés par l'OTAN.

Washington a mis en garde son allié contre de "graves conséquences" s'il allait au bout de cet achat, affirmant notamment qu'il ne pourrait pas se procurer les avions de combat F-35 et les missiles Patriot américains.

Un employé turc du consulat américain à Istanbul, dont la détention a tendu les relations entre les Etats-Unis et la Turquie, a rejeté les accusations d'espionnage portées contre lui par Ankara, à l'ouverture de son procès mardi. "Contrairement à ce qui est affirmé, je n'ai pas trahi ma patrie. Je ne suis pas quelqu'un de méprisable", s'est défendu Metin Topuz au tribunal de Caglayan, à Istanbul, selon une correspondante de l'AFP. M. Topuz, chargé au consulat américain de faire la liaison entre les autorités américaines et la brigade de lutte contre le trafic de stupéfiants de la police turque, a été arrêté en octobre 2017 et maintenu depuis en détention provisoire. Accusé par les autorités turques d'"espionnage" et de "tentative de renversement du gouvernement", il risque la prison à vie. Les...