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Européennes: la ministre Nathalie Loiseau devrait démissionner lundi pour mener la liste Macron

La ministre française des Affaires européennes Nathalie Loiseau. Photo AFP / Ludovic MARIN

La ministre des Affaires européennes Nathalie Loiseau devrait quitter le gouvernement lundi pour mener la liste du parti d'Emmanuel Macron au scrutin européen du 26 mai, un enjeu crucial pour le président français qui a placé l'Europe au coeur de son projet.
Mme Loiseau s'apprête à remettre sa démission, a appris l'AFP auprès de son entourage, avant d'être confirmée comme tête de liste par le parti présidentiel, La République en Marche (LREM), qui réunit son bureau exécutif dans la soirée.
Son numéro deux devrait être l'écologiste Pascal Canfin, ce qui permettrait de mordre sur l'électorat des Verts. 

En pleine crise sociale des "gilets jaunes" et fragilisé par une cote de confiance aux alentours de 30%, Emmanuel Macron est en première ligne sur ces premières élections intermédiaires du quinquennat. 
Les sondages donnent son parti LREM en tête avec 22% à 24% des intentions de vote, deux à trois points devant le Rassemblement national (RN) de Marine Le Pen.

Pour le président français, "c'est un enjeu fondamental. Depuis la campagne 2017, il a placé la question européenne au coeur de son projet et souhaité incarner un nouveau leadership français sur l'Europe. Mais il est loin d'avoir convaincu les autres dirigeants sur ses propositions", note le politologue Bruno Cautrès. De fait, par rapport à son grand discours sur l'Europe en septembre 2017 à la Sorbonne, le chef de l'Etat n'a guère obtenu de résultats concrets, hormis une limitation du recours aux travailleurs détachés.
Les Européens l'ont suivi sur une plus grande coopération dans la sécurité et la défense, mais sans empêcher la Belgique de commander des F-35 américains plutôt que des Rafale français. 

Son projet de budget de la zone euro reste virtuel. Il n'a pas obtenu de convergence fiscale ni de taxe européenne sur les transactions financières ou les Gafa.

Autre revers, la chancelière allemande Angela Merkel a pris ses distances avec ses propositions. Son parti, la CDU, s'oppose à son idée d'un salaire minimum européen ou d'une mutualisation des dettes en Europe. Et propose même que le Parlement européen quitte Strasbourg pour Bruxelles.

"Enjeux gigantesques"
"Il a subi échec sur échec sur ses projets de réformes européennes. C'est sa faiblesse pour cette élection. Pour la surmonter, il s'est positionné sur le clivage anti-nationaliste, anti-Orban", analyse l'expert en communication politique Philippe Moreau-Chevrolet.
"Après la crise des gilets jaunes, s'il ne gagne pas, il en serait fini de ses ambitions européennes", prévient Bruno Cautrès. "S'il arrive perdant au Conseil européen devant des Viktor Orban ou des Matteo Salvini, ça en sera presque humiliant, ajoute le politologue. Les enjeux internes français et externes sont donc gigantesques. D'où sa débauche d'énergie. Il mettra tout son poids dans la balance."
Reste à savoir si Nathalie Loiseau, une diplomate chevronnée de 54 ans d'une compétence reconnue sur les questions européennes, parviendra à se défaire de son image de "techno". 

Sa dernière joute avec Marine Le Pen, lors d'un débat télévisé le 14 mars, n'avait pas réellement tourné en sa faveur face à une adversaire rompue aux débats politiques. La patronne du Rassemblement national, dont la liste aux Européennes sera menée par le jeune militant Jordan Bardella, s'est d'ailleurs ironiquement réjouie de la candidature de cette "hyper technocrate", qui fait "comme si le peuple n'existe pas". 

Avec la nomination de Mme Loiseau, dernière des principales têtes de liste désignées en France, la grille de départ de la course pour ce scrutin est complète. Outre Jordan Bardella, elle aura notamment face à elle le candidat des Républicains (droite) François-Xavier Bellamy, le Vert Yannick Jadot, l'essayiste Raphaël Glucksmann (soutenu par le parti socialiste) et la candidate de gauche radicale, Manon Aubry, du parti La France insoumise.

Son départ annoncé va déclencher un remaniement du gouvernement, probablement mardi. Le nom de Clément Beaune, conseiller pour l'Europe à l'Elysée, est le plus cité pour prendre les Affaires européennes, dans une période extrêmement chargée par l'enjeu du Brexit.
Le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux pourrait également quitter l'équipe à cette occasion afin de se concentrer sur sa candidature à la mairie de Paris en 2020.

La ministre des Affaires européennes Nathalie Loiseau devrait quitter le gouvernement lundi pour mener la liste du parti d'Emmanuel Macron au scrutin européen du 26 mai, un enjeu crucial pour le président français qui a placé l'Europe au coeur de son projet.Mme Loiseau s'apprête à remettre sa démission, a appris l'AFP auprès de son entourage, avant d'être confirmée comme tête de liste par le parti présidentiel, La République en Marche (LREM), qui réunit son bureau exécutif dans la soirée.Son numéro deux devrait être l'écologiste Pascal Canfin, ce qui permettrait de mordre sur l'électorat des Verts. En pleine crise sociale des "gilets jaunes" et fragilisé par une cote de confiance aux alentours de 30%, Emmanuel Macron est en première ligne sur ces premières élections intermédiaires du quinquennat. Les...