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Macron à l'épreuve d'une nouvelle journée de manifestations de gilets jaunes samedi


AFP
21/03/2019

Une semaine après les violences à Paris, le président Emmanuel Macron a décidé de déployer les grands moyens sécuritaires pour faire face au 19e samedi de manifestation des gilets jaunes, dans un climat social et politique explosifs.

Englué depuis plus de quatre mois dans cette crise inédite, le gouvernement a été pris de court la semaine dernière par la réédition des saccages et pillages des Champs-Elysées qui avaient marqué les premières manifestations du mouvement.

Et la réponse a été martiale, avec le limogeage de hauts responsables policiers, dont le préfet de police de Paris, et l'annonce de mesures drastiques, jusqu'à la mise à contribution des militaires de l'opération antiterroriste Sentinelle.

Dès lundi, le Premier ministre Edouard Philippe édictait l'interdiction de manifestations dans certains secteurs comme les Champs Elysées à Paris, ou dans des quartiers de Bordeaux (sud-ouest) et Nice (sud-est), ainsi que l'alourdissement des amendes en cas de participation à une manifestation interdite.

Sur la sellette après les violences de samedi dernier, accusé de mollesse voire d'incompétence, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, un très proche du président Macron, a promis jeudi "l'impunité zéro" pour les casseurs.

"Nous avons défini une stratégie de mobilité, de contact, de réactivité, d'interpellation, en assumant les risques que cela comportait", a déclaré M. Castaner en demandant au nouveau préfet de police de Paris d'appliquer cette stratégie "sans hésitation ni demi-mesure".

Enfin, et c'est peut-être l'annonce qui a provoqué le plus de remous, le président Macron a demandé que l'armée soit mise à contribution. Les militaires de l'opération antiterroriste Sentinelle (7.000 hommes déployés en permanence sur le territoire depuis les attentats de 2015 à Paris), seront appelés à protéger des bâtiments officiels pour dégager des forces de l'ordre sur les manifestations.

Les soldats "ne seront pas en première ligne" et en aucun cas ne seront déviés de leur mission antiterroriste, a assuré le gouvernement. "Notre ennemi, c'est pas les gilets jaunes. Notre ennemi c'est les terroristes. Soyons clairs: les militaires ne vont pas se mettre à arrêter les gilets jaunes, ils ne vont pas foncer dedans et ouvrir le feu", a assuré une source gouvernementale.

Mais l'opposition de droite comme de gauche a dénoncé un mélange des genres et une surenchère.

Radicalisation

Deux jours avant la nouvelle manifestation des gilets jaunes, le climat reste tendu. "Je suis inquiet de la montée des extrêmes des deux côtés, et de la désinhibition généralisée", se préoccupe le politologue Jérôme Sainte-Marie.

"D'un côté, on a Macron qui a fait de cette journée un rendez-vous essentiel, une épreuve personnelle, et le gouvernement qui sort la grosse artillerie (sécuritaire). De l'autre, on a des manifestants radicalisés, qui ne sont plus seulement des black bloc. Les gens sont prêts à assumer un niveau de violence étonnant, prêts à aller au contact. Le pays est explosif", estime-t-il dans une déclaration à l'AFP.

Mercredi soir, la Première dame Brigitte Macron venue donner le coup d'envoi d'un match de foot mixte hommes-femmes à Reims (nord) a été accueillie par des sifflets et a dû renoncer. Elle a appelé à "l'arrêt de la violence".

Même si l'approbation des gilets jaunes dans l'opinion est en forte baisse (-8 points après les violences de samedi), aucune sortie de crise n'est encore perceptible. Né en novembre d'un immense ras-le-bol social et fiscal, le mouvement a muté en une contestation protéiforme, sans leaders représentatifs, et ne s'est pas éteint avec le "grand débat national" lancé par Emmanuel Macron pour répondre aux attentes des Français.

Ce grand débat, qui a donné lieu à plus de 10.000 réunions dans tout le pays sur des thèmes aussi divers que le pouvoir d'achat, la fiscalité, la santé, la culture ou l'éducation, s'est achevé la semaine dernière et le gouvernement doit désormais faire des propositions.

Mais pour le sociologue Jean-Pierre Le Goff, interrogé jeudi dans le Figaro, "la crise que connaît le pays ne me paraît pas due à un manque de débat, mais avant tout à l'impuissance politique et au délitement du lien social. Ces problèmes de fond ne se résoudront pas par la magie du verbe".

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