Des dégâts causés à Sanaa par une frappe de la coalition menée par l'Arabie saoudite au Yémen, le 21 septembre 2015. Photo d'archives REUTERS/Khaled Abdullah
Plusieurs ONG ont exhorté jeudi la France à suspendre ses ventes d'armes à l'Arabie saoudite et à faire pression pour un processus politique au Yémen, ravagé par quatre ans de conflit et plongé dans une des pires crises humanitaires au monde.
"Je ne sais pas combien de Yéménites doivent encore mourir, être blessés ou affamés jusqu'à ce que le monde soit enfin convaincu que la guerre doit cesser", a lancé Radhya Almutawakel, présidente de l'ONG yéménite Mwatana lors d'une conférence de presse à Paris. "La paix est possible, mais elle n'arrive jamais car tout le monde s'en fiche. La communauté internationale doit faire pression sur toutes les parties, et cesser d'alimenter le conflit en vendant des armes à l'Arabie saoudite", a-t-elle ajouté.
Le 26 mars marquera le quatrième anniversaire de l'intervention au Yémen d'une coalition menée par l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis pour soutenir le gouvernement face aux rebelles houthis soutenus par l'Iran.
Selon les chiffres officiels, quelque 10.000 personnes, pour la plupart des civils, ont été tuées et plus de 60.000 blessées depuis cette date, mais des ONG estiment que le nombre de morts est largement supérieur, certaines citant un bilan cinq fois supérieur.
"Toutes les parties au conflit commettent des violations des droits de l'homme. Elles se sentent autorisées par leurs soutiens à faire tout ce qu'elles veulent", a poursuivi Mme Almutawakel.
Les ONG réclament de façon récurrente aux Occidentaux, et particulièrement à la France, 3ème fournisseur d'armes de l'Arabie saoudite, de suspendre leurs livraisons. Le débat a pris de l'ampleur après l'affaire Khashoggi, un journaliste saoudien assassiné en octobre dans l'enceinte du consulat saoudien à Istanbul.
"La France doit rendre compte de ses exportations d'armes au Parlement et à la société civile française", a déclaré Aymeric Elluin, d'Amnesty International France, en exhortant Paris à "suivre l'exemple allemand". Berlin a en effet décidé d'un gel de ses livraisons d'armes après l'affaire Khashoggi.
Paris réplique régulièrement que ses livraisons d'armes à Riyad sont contrôlées et ne servent pas à la guerre au Yémen.
Les ONG présentes à la conférence de presse ont également insisté sur le drame humanitaire au Yémen, la pire crise au monde selon l'ONU. "L'aide humanitaire est vitale, mais les ONG sont de plus en plus entravées par des obstacles sécuritaires et administratifs", a dénoncé Fanny Petitbon, de Care France.
Elles ont en outre appelé la France à profiter de sa prochaine position de présidente du Conseil de sécurité de l'ONU et de présidente du G7 pour faire pression en faveur d'un processus de paix.
"Je ne sais pas combien de Yéménites doivent encore mourir, être blessés ou affamés jusqu'à ce que le monde soit enfin convaincu que la guerre doit cesser", a lancé Radhya Almutawakel, présidente de l'ONG yéménite Mwatana lors d'une conférence de presse à Paris. "La paix est possible, mais elle n'arrive jamais car tout le monde s'en fiche. La communauté internationale doit faire pression sur toutes les parties, et cesser d'alimenter le conflit en vendant des armes à l'Arabie saoudite", a-t-elle ajouté.Le 26 mars marquera le quatrième anniversaire de l'intervention au Yémen...


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