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La justice française relance des poursuites contre le milliardaire russe Souleïman Kerimov

Le milliardaire russe Souleïman Kerimov. Photo d'archives AFP / NEWSTEAM / Sergei RASULOV

Dix mois après l'annulation d'une première inculpation, la justice française a relancé des poursuites contre le milliardaire russe Souleïman Kerimov, soupçonné d'avoir acquis des villas sur la Côte d'Azur pour des montants sous-déclarés, et l'a inculpé mardi pour complicité de fraude fiscale aggravée.

En novembre 2017, l'arrestation à sa descente d'avion à Nice (sud-est) du sénateur russe, aujourd'hui libre sous contrôle judiciaire, avait été vivement critiquée par Moscou. Avec un patrimoine estimé à 7 milliards de dollars (environ 6 milliards d'euros) par Forbes, M. Kerimov, originaire du Daguestan, est un des hommes les plus riches de Russie.

La justice niçoise le soupçonne d'avoir acquis cinq villas de grand luxe au Cap d'Antibes, à grand renfort d'argent liquide et sous un prête-nom. En décembre 2017, le procureur de Nice Jean-Michel Prêtre avait parlé d'"un enjeu d'argent clandestin rentré en France tournant autour de 500 à 750 millions d'euros", via, parfois, "des valises à 20 millions d'euros".

Au total, 13 personnes, dont des professionnels de l'immobilier, ont été mises en cause dans cette enquête débutée fin 2014.

Intrigués par des mouvements suspects d'argent liquide observés lors d'une banale planque de la brigade des stupéfiants, les enquêteurs étaient remontés jusqu'à l'oligarque russe. La vente de la villa "Hier" pour 35 millions d'euros --un montant sous-déclaré comparé au prix de 127 millions réellement payés selon les enquêteurs-- n'avait alors pas attiré l'attention.

Initialement, la justice niçoise s'était saisie de poursuites pour "blanchiment de fraude fiscale", mais les avocats de M. Kerimov avaient démontré que le blanchiment n'était pas caractérisé, faute de prouver qu'il y ait eu préalablement une fraude fiscale.

- "Acharnement judiciaire" -

En juin 2018, M. Kerimov, qui avait échappé à la détention provisoire lors de ce premier volet de l'affaire contre une caution de 40 millions d'euros, avait donc obtenu l'annulation de cette première inculpation. Mais il a été de nouveau entendu et inculpé mardi, puis placé sous contrôle judiciaire, contre un cautionnement de 20 millions d'euros, a précisé mercredi à l'AFP le procureur de Nice Jean-Michel Prêtre.

"Certains faits caractérisés dans le dossier relèvent de la complicité par instigation", a-t-il ajouté. Autrement dit, M. Kerimov est soupçonné d'avoir été le donneur d'ordres.

Une semaine auparavant, Alexander Studhalter, le financier suisse soupçonné d'avoir été son prête-nom, avait lui aussi été de nouveau convoqué, dans la même procédure. "A l'issue de son interrogatoire, une nouvelle mise en examen (inculpation) pour complicité de fraude fiscale a été prononcée", a indiqué son entourage dans un communiqué.

Dénonçant "un véritable acharnement judiciaire", M. Studhalter "conteste fermement les faits reprochés" et prévoit de déposer une nouvelle requête en nullité devant la chambre de l'instruction de la Cour d'appel d'Aix-en-Provence.

En juin 2018, comme M. Kerimov, M. Studhalter avait lui aussi obtenu l'annulation d'une première inculpation. Leurs avocats avaient obtenu gain de cause grâce des arguments portant non pas sur le fond du dossier, mais sur des points de droit.

L'arrestation de M. Kerimov avait été suivie de près par Moscou: le chargé d'affaires français dans la capitale russe avait été convoqué après que la Douma, chambre basse du Parlement, eut voté une résolution dénonçant une violation de la convention de Vienne sur l'immunité diplomatique.

Dix mois après l'annulation d'une première inculpation, la justice française a relancé des poursuites contre le milliardaire russe Souleïman Kerimov, soupçonné d'avoir acquis des villas sur la Côte d'Azur pour des montants sous-déclarés, et l'a inculpé mardi pour complicité de fraude fiscale aggravée. En novembre 2017, l'arrestation à sa descente d'avion à Nice (sud-est) du sénateur russe, aujourd'hui libre sous contrôle judiciaire, avait été vivement critiquée par Moscou. Avec un patrimoine estimé à 7 milliards de dollars (environ 6 milliards d'euros) par Forbes, M. Kerimov, originaire du Daguestan, est un des hommes les plus riches de Russie. La justice niçoise le soupçonne d'avoir acquis cinq villas de grand luxe au Cap d'Antibes, à grand renfort d'argent liquide et sous un prête-nom. En...