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Amnesty accuse l'armée américaine d'avoir tué des civils somaliens

AFP
20/03/2019

Amnesty International accuse l'armée américaine de dissimuler les victimes civiles de ses frappes répétées contre les islamistes radicaux shebab en Somalie, ce que Washington dément vigoureusement, affirmant n'avoir tué aucun civil somalien depuis début 2017.

Dans un rapport publié mardi sous le titre "La guerre cachée des Etats-Unis en Somalie", l'ONG de défense des droits humains affirme que 14 civils ont été tués et sept autres blessés au cours de cinq frappes aériennes attribuées à l'armée américaine.

Ces cinq frappes ont été menées entre le 16 octobre 2017 et le 9 décembre 2018 dans la Basse-Shabelle (sud-ouest), une des régions contrôlées par les islamistes shebab, affiliés à Al-Qaïda.

Amnesty accuse l'armée américaine d'avoir à ces occasions fait des victimes collatérales, voire frappé indistinctement civils et shebab, tuant des fermiers, des ouvriers et même des enfants.

"Soit ces frappes ont pris des civils pour cible, soit ceux qui les ont planifiées n'ont pas pris les mesures adéquates pour vérifier que les cibles n'étaient pas de nature civile, soit ceux qui les ont menées ne les ont pas annulées ou reportées lorsqu'il est apparu qu'elles visaient les mauvaises personnes ou qu'elles n'étaient pas proportionnées", conclut le rapport.

Elles "paraissent donc violer les principes" de distinction entre cibles civiles et militaires et de proportionnalité prévus par les conventions de Genève, selon Amnesty.

Ces accusations interviennent au moment où l'armée américaine donne un coup d'accélérateur à ses opérations en Somalie, avec 28 frappes depuis début 2019, contre 35 pour toute l'année 2018.

"Le bilan des victimes civiles pourrait bien être beaucoup plus élevé", souligne l'ONG, qui reconnaît néanmoins que compte tenu des dangers encourus, elle a eu du mal à vérifier les informations directement et que son rapport est essentiellement basé sur des déclarations de témoins, obtenues en personne ou par téléphone.

Le commandement américain pour l'Afrique (Africom) a formellement démenti les accusations d'Amnesty, assurant n'avoir tué absolument aucun civil au cours des quelque 110 frappes aériennes menées en Somalie depuis juin 2017.

"L'Africom respecte les lois de la guerre et prend toutes les précautions possibles pour minimiser les victimes civiles et autres dommages collatéraux", a indiqué le commandement américain dans un communiqué.

"Nous avons conclu qu'aucune frappe de l'Africom n'avait fait de mort ou de blessé parmi les civils", précise le communiqué.

L'armée américaine dément en outre avoir mené l'une des cinq frappes que lui attribue Amnesty, le 6 décembre 2017, et qui aurait tué cinq civils, dont deux enfants. Africom reconnaît avoir mené une frappe dans cette zone, mais le 11 décembre et à 30 kilomètres de là.

Sur les quatre autres frappes citées par le rapport de l'ONG, l'armée américaine affirme que toutes les victimes étaient des shebab.

"Nous avons conclu qu'aucune des allégations et aucune des circonstances décrites ne représentaient des allégations crédibles de victimes civiles", a déclaré à la presse un responsable du Pentagone ayant requis l'anonymat.

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