La direction de la chaîne de télévision LBCI a affirmé hier que les propos de Samir Geagea « témoignent de sa faillite », en réponse à l’appel lancé vendredi par le chef des Forces libanaises au président de la République Michel Aoun, au président de la Chambre Nabih Berry, au Premier ministre Saad Hariri, aux députés, au ministre de la Justice et au Conseil supérieur de la magistrature, leur demandant de « méditer longuement sur le vice de fond du jugement » prononcé en sa défaveur par la juge pénale Fatima Jouni dans le cadre du procès qui l’oppose à la LBCI au sujet de la propriété de la chaîne.
Ce jugement a fait l’objet d’appel de la part de chacune des deux parties au procès : la LBCI pour réclamer des dommages-intérêts et les FL pour infirmer la décision de l’abandon des poursuites à l’encontre du PDG de la chaîne, Pierre Daher, qu’elles accusent d’abus de confiance.
« Les propos de M. Geagea constituent une preuve claire de sa faillite », a affirmé la LBCI dans un communiqué, dénonçant « les tentatives constantes de sortir le litige judiciaire de sa place naturelle qui se trouve au tribunal, après que le jugement du 29 février dernier eut confirmé l’appartenance de la LBCI à ses actionnaires et écarté toute relation de la chaîne avec les FL ».
Le texte rappelle que « lors de l’audience finale, lorsque Fatima Jouni a demandé aux deux parties de l’informer si l’une d’elles voulait qu’elle se désiste pour une raison quelconque, M. Geagea a entièrement rejeté sa proposition et insisté pour que la juge rende elle-même la décision ». « Ce rejet indique une confiance totale du parti dans la neutralité de la juge, confiance qui a laissé la place après le verdict à des accusations à l’encontre de Mme Jouni, liées à ses soi-disant tendances politiques », poursuit la LBCI.
« L’appel de M. Geagea aux trois présidents et au ministre de la Justice leur demandant d’intervenir dans un litige judiciaire constitue un défi à l’essence même du système parlementaire fondé sur le principe de la séparation des pouvoirs », ajoute le communiqué.
« Après avoir toujours montré son attachement à la justice et exprimé sa volonté d’accepter le verdict, voilà que le parti de M. Geagea refuse d’avance la décision de la cour d’appel à travers sa lettre aux présidents et au ministre de la Justice, dans laquelle il leur demande d’intervenir et de prendre les mesures nécessaires », poursuit la LBCI, avant d’asséner : « Voilà pourquoi M. Geagea a cherché à obtenir le portefeuille de la Justice dans le nouveau gouvernement. »


UN CANAL T.V. PROPRIETE DES F.L. !
12 h 38, le 19 mars 2019