X

Dernières Infos

Slovaquie : élection présidentielle sur fond de mouvement anti-corruption

Reuters
16/03/2019

Une candidate novice en politique fait figure de favorite pour l'élection présidentielle en Slovaquie samedi, les électeurs tournant le dos au parti au pouvoir depuis l'assassinat d'un journaliste d'investigation l'an dernier qui a provoqué de grandes manifestations contre la corruption dans tout le pays.

Zuzana Caputova, une avocate et activiste âgée de 45 ans n'ayant jamais exercé de fonction dans l'administration, est devenue la figure de proue d'un mouvement de contestation déclenché par l'assassinat du journaliste d'investigation Jan Kuciak et de sa compagne en février 2018. Le journaliste avait, entre autres, enquêté sur des affaires de fraude impliquant des hommes d'affaires liés au monde politique slovaque. Il s'était également penché sur les liens présumés entre la mafia italienne et des entreprises slovaques.

Ces assassinats ont provoqué une onde de choc dans le pays et alimenté la colère de l'opinion contre la corruption. Le pays a connu ses plus importantes manifestations depuis la chute du régime communiste fin 1989, et la pression de la rue a conduit à la démission du Premier ministre Robert Fico et de deux de ses ministres.
Selon l'ultime enquête d'opinion publiée il y a quinze jours, Zuzana Caputova, membre du parti Progressiste qui ne dispose d'aucun siège au Parlement, est créditée de 52,9% des voix. Son plus proche rival, le commissaire européen Maros Sefcovic, soutenu par le parti du Smer (centre gauche) au pouvoir, obtiendrait 16,7% des suffrages.

Une victoire de Caputova, libérale pro-européenne, marquerait une rupture avec l'émergence des forces populistes en Europe.
Elle dit avoir pour but d'interrompre "la prise sur l'Etat de personnes tirant les ficelles en coulisses, en lieu et place de représentants élus". "Cette élection constitue une première opportunité de changement après le meurtre de l'an dernier et les appels à la justice effectués par la population", a déclaré Caputova dans un entretien à Reuters au début du mois.
Le président ne peut prendre de décisions au quotidien, mais dispose d'un droit de veto pour la désignation des procureurs et des juges, ce qui est fondamental dans la lutte anti-corruption.

À la une

Retour à la page "Dernières Infos"

Dernières infos

Les signatures du jour

Décryptage de Scarlett HADDAD

La lutte d’influence américano-russo-iranienne bat son plein

Les articles les plus

x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

6

articles restants

Pour déchiffrer un Orient compliqué