Le Premier ministre libanais, Saad Hariri, le 14 mars 2019 à Bruxelles. Photo Anne Ilcinkas
Le Premier ministre libanais, qui assiste à Bruxelles à la conférence de "Soutien à l’avenir de la Syrie et de la région", organisée conjointement par l'UE et l'ONU, a appelé jeudi la communauté internationale à faire pression sur le régime du président syrien Bachar el-Assad pour faciliter le retour des réfugiés de son pays.
"Le Liban assume ses responsabilités humanitaires, mais nous souhaitons la fin de l'exode syrien car cela constitue un lourd fardeau pour le Liban", a dit M. Hariri aux journalistes qui l'ont interrogé avant le début de la session d'ouverture de la conférence. "Nous souhaitons la fin (du conflit) en Syrie et que tous les déplacés rentrent chez eux. La meilleure solution à la crise est le retour de ces déplacés. C'est pour cela qu'il faut faire pression sur le régime en Syrie, pour permettre le retour des déplacés, car il n'est pas normal qu'il y ait 10 millions de déplacés en dehors de la Syrie", a insisté le Premier ministre libanais.
Le Liban accueille plus d’un million de réfugiés syriens et la question de leur retour divise les responsables libanais. Certains, dont le président Aoun, appellent à organiser leur retour sans tarder, estimant que la Syrie, quasi-entièrement reconquise par les forces du régime, est désormais "sûre". D'autres responsables, à l'instar du ministre libanais de l’Éducation, Akram Chehayeb, également présent à Bruxelles, calquent leur point de vue sur celui de la communauté internationale et soulignent que les conditions objectives à un retour sécurisé ne sont pas encore totalement réunies.
Prié de dire si l'initiative russe pour le retour des réfugiés syriens présents au Liban et qui tarde à se concrétiser est toujours d'actualité, M. Hariri a répondu : "Si dieu le veut, oui. Nous restons engagés (à appliquer) cette initiative". Interrogé enfin sur une possible réintégration de la Syrie au sein de la Ligue arabe, après la suspension de sa participation en 2011, M. Hariri a estimé que "c'est une décision que seule la Ligue arabe peut prendre. Le Liban respectera cette décision, mais il ne revient pas au Liban de décider de cela".
La question du rétablissement des liens avec le régime Assad divise également la classe politique libanaise, entre partisans du régime et opposants, M. Hariri faisant parti du dernier camp.


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