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Aucun lien entre les S-400 russes et la sécurité des Etats-Unis, assure Erdogan



Le président turc Recep Tayyip Erdogan à Diyarbakir, le 9 mars 2019. AFP / Ilyas AKENGIN

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a assuré samedi que l'achat par la Turquie de systèmes antimissiles russes S-400 n'avait "rien à voir" avec la sécurité des Etats-Unis, en réponse à une mise en garde du Pentagone.

Le Pentagone a prévenu vendredi que la Turquie risquait de "graves conséquences" si elle achetait comme prévu des batteries russes S-400.

La commande par la Turquie du dispositif de défense anti-aérienne russe -- dont la livraison devrait commencer cet été -- est l'un des principaux points de discorde entre Ankara et Washington, tous deux membres de l'OTAN.

"Si la Turquie prend les S-400, il y aura de graves conséquences en ce qui concerne nos relations, nos relations militaires", avait averti vendredi un porte-parole du Pentagone, Charles Summers. "Ils ne pourront pas avoir les (avions de chasse furtifs) F-35 et les (missiles) Patriot", a réaffirmé M. Summers.

En décembre, Washington avait approuvé la vente du système américain de défense anti-aérienne Patriot à la Turquie pour un montant de 3,5 milliards de dollars (3,1 mds EUR), un geste visant à dissuader Ankara d'acheter le système concurrent russe.

Les Etats-Unis soulignent que ce dernier est incompatible avec les équipements utilisés par les alliés de l'OTAN, dont fait partie la Turquie, et exhortent Ankara à abandonner l'achat du système russe. Mais le président Erdogan n'a cessé de répéter que son pays n'annulerait pas la commande russe.

"Tout le monde sait très bien que cette affaire n'a absolument rien à voir avec l'OTAN, ni avec le programme F-35 et la sécurité des Etats-Unis", a-t-il assuré samedi lors d'un discours à Diyarbakir (sud-est de la Turquie).

La "question ne concerne pas les S-400" mais le fait que la Turquie "puisse agir de sa propre initiative" en Syrie, a insisté M. Erdogan dans son discours télévisé.

La Turquie s'est rapprochée spectaculairement de la Russie dans le conflit syrien. Les deux pays coopèrent désormais étroitement non seulement sur le dossier syrien, mais aussi dans le domaine de l'énergie ainsi que dans le secteur de l'armement.

Mardi, le commandant suprême des forces alliées en Europe, le général américain Curtis Scaparrotti, avait estimé que si la Turquie achetait bien les S-400, "dans ce cas, nous ne pourrions pas permettre au F-35 de voler (...) avec un système antimissile russe".

Washington a livré en juin 2018 ses premiers F-35 à la Turquie. Mais ces appareils restent aux Etats-Unis pendant toute la formation des pilotes turcs, un processus qui peut prendre un à deux ans selon le Pentagone.

Les relations américano-turques traversent des périodes de forte tension depuis le coup d'Etat manqué de 2016, attribué par Ankara à l'imam Fethullah Gülen, qui s'est exilé aux Etats-Unis.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a assuré samedi que l'achat par la Turquie de systèmes antimissiles russes S-400 n'avait "rien à voir" avec la sécurité des Etats-Unis, en réponse à une mise en garde du Pentagone.Le Pentagone a prévenu vendredi que la Turquie risquait de "graves conséquences" si elle achetait comme prévu des batteries russes S-400.La commande par la Turquie du dispositif de défense anti-aérienne russe -- dont la livraison devrait commencer cet été -- est l'un des principaux points de discorde entre Ankara et Washington, tous deux membres de l'OTAN."Si la Turquie prend les S-400, il y aura de graves conséquences en ce qui concerne nos relations, nos relations militaires", avait averti vendredi un porte-parole du Pentagone, Charles Summers. "Ils ne pourront pas avoir les (avions de chasse furtifs)...