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Auto

Atmosphère électrique pour l’industrie automobile

Salon international de Genève

L’euphorie retombe autour des véhicules autonomes.

OLJ
09/03/2019
Le Salon international de l’automobile de Genève s’est ouvert jeudi, avec quantité de nouveaux modèles électriques. Plus de 660 000 visiteurs sont attendus pour contempler les plus de 900 voitures exposées jusqu’au 17 mars.

Les constructeurs présents ont profité des rencontres avec les médias pour critiquer les contraintes écologiques en Europe, qui menacent, selon eux, l’emploi dans la filière. L’automobile s’engage à marche forcée dans l’électrification des motorisations, contrainte de réduire rapidement ses émissions de CO2 pour respecter des limites imposées par l’Union européenne à partir de 2020, et encore durcies à l’horizon 2030, sous peine de pénalités financières.

Harald Krüger, patron de BMW, a qualifié les objectifs pour 2030 de « défi dramatique ». Les constructeurs ont certes tous développé des modèles 100 % électriques, mais ils craignent une demande insuffisante en raison du prix trop élevé des batteries – d’origine asiatique –, du manque d’infrastructures de recharge et d’une fiscalité insuffisamment incitative dans certains pays. « C’est sûr que la filière va être sous tension », a reconnu Thierry Bolloré, directeur général de Renault. « Les belles années qu’on a connues depuis dix ans sont derrière nous », confirme Flavien Neuvy, directeur de l’Observatoire Cetelem de l’automobile.

Cette rupture technologique offre une occasion pour des start-up de venir défier les constructeurs historiques. Toni Piëch, arrière-petit-fils de Ferdinand Porsche (fondateur de Porsche et Volkswagen), a ainsi dévoilé un prototype de sportive de luxe électrique. La jeune pousse suédoise Polestar, filiale de Volvo, lui-même propriété du chinois Geely, a présenté une berline électrique qui sera produite en Chine à partir de 2020.

La « guerre des citadines »

Mais Genève reste le lieu d’exposition favori des marques de luxe et des véhicules de sport ultraperformants fabriqués en petite série. Bentley a fait de l’effet avec sa Bentayga Speed, qui revendique le titre de SUV de série le plus rapide du monde (plus de 300 km/h). Tandis que Ferrari a montré sa nouvelle F8 Tributo, dotée d’un moteur à essence de 720 ch. La Toyota Supra fait elle aussi partie du lot. Sans oublier la première hypercar 100 % électrique de Pininfarina, baptisée Battista (le nom du fondateur de la société de design auto). Avec plus de 1 900 ch, elle est deux fois plus puissante qu’un bolide de F1.

Dans un autre registre, la mode a beau être aux SUV, c’est une bataille entre des voitures à la silhouette plus classique qui tient la vedette à Genève : les petites berlines polyvalentes, citadines également à l’aise sur autoroute, font en effet de la résistance. Ainsi, deux nouveautés françaises tiennent le haut de l’affiche : la 5e génération de la Renault Clio et la nouvelle Peugeot 208, avec une déclinaison électrique inédite. « Il y a de la place pour les deux », commente Denis Schemoul, analyste chez IHS. En effet, les SUV prennent surtout des clients aux monospaces et aux voitures de taille supérieure.

D’autre part, les voitures autonomes, initialement annoncées pour 2020, ont été repoussées à plus tard face à la complexité et au coût des technologies concernées. Ainsi, à Genève, la voiture électrique est partout, le véhicule autonome quasiment nulle part. Depuis les accidents mortels impliquant des véhicules de Tesla et Uber l’an dernier aux États-Unis, l’enthousiasme semble un peu retombé, même si les entreprises continuent d’investir des sommes colossales dans la recherche. « Une grande partie de l’euphorie a disparu », reconnaît Herbert Diess, patron de Volkswagen. Il est clair que les accidents survenus aux États-Unis « ont créé un doute » dans l’esprit du public, estime Guillaume Crunelle, responsable automobile pour le cabinet Deloitte.

Science-fiction

La semaine dernière, BMW et Daimler (Mercedes-Benz) ont annoncé qu’ils allaient regrouper leurs efforts dans ce domaine. Toutefois, ils ne parlent plus de voitures autonomes, mais de « systèmes d’assistance à la conduite et de conduite hautement automatisée sur autoroute » prêts à être commercialisés « au milieu des années 2020 ». Tommaso Pardi, directeur du centre de recherche Gerpisa, est réservé sur les perspectives. Pour lui, « les robots-taxis existeront peut-être dans des contextes très précis, limités à des quartiers d’une ville et opérés à une vitesse raisonnable... Mais l’idée de remplacer les systèmes existants par des flottes de robots-taxis appartient pour l’instant à la science-fiction ».

Sources : agences

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