Un homme qui avait dénoncé il y a sept ans un "crime d'honneur", ayant causé la mort de plusieurs femmes et hommes, a été abattu cette semaine au Pakistan, pays patriarcal très conservateur, a-t-on appris vendredi de sources policières.
Afzal Kohistani, en 2012, avait affirmé que des femmes avaient été tuées après être apparues dans une vidéo de mariage, où elles s'amusaient aux côtés d'hommes. Un religieux local avait ordonné la mort des convives des deux sexes apparaissant à l'écran.
Selon un haut responsable de la police, M. Kohistani a été abattu mercredi de cinq balles dans une rue passante de la ville d'Abbottabad (nord). Deux autres policiers ont confirmé le meurtre à l'AFP. Au moins deux interpellations ont été réalisées dans cette affaire, ont précisé vendredi des responsables à l'AFP.
"Les auteurs de ce crime haineux seront traduits en justice", a promis Shaukat Yousafzai, le ministre de l'Information de la province du Khyber-Pakhtunkhwa, où le crime s'est produit.
Cet assassinat a provoqué la colère des défenseurs des droits de l'Homme au Pakistan, où des femmes sont régulièrement assassinées pour avoir "déshonoré" leur famille. Les mobiles avancés pour ces meurtres vont du refus d'un mariage arrangé à l'aide à la fuite d'un couple illégitime. Les hommes sont plus rarement victimes de crimes d'honneur.
"Je porterai ce meurtre choquant (...) devant le parlement", a tweeté une sénatrice de l'opposition, Sherry Rehman.
"Cette fusillade montre, une fois de plus, combien ceux qui élèvent la voix sont encore vulnérables", a déclaré l'avocate Benazir Jatoi, organisatrice d'une marche vendredi à Islamabad pour la Journée internationale des droits des femmes. Dans cette affaire, la protection des témoins a été "presque inexistante", a-t-elle regretté.
"Je marche parce que le seul à poursuivre (le combat) pour une vidéo vieille de 7 ans a été tué", a tweeté Nighat Dad, une autre militante.
La vidéo, tournée en 2012, montrait des femmes applaudir des hommes qui dansaient au Kohistan, une région montagneuse ultra conservatrice, située à 175 km d'Islamabad, où un code tribal interdit aux deux sexes de se mélanger durant les mariages.
Afzal Kohistani, affirmant que les femmes avaient été tuées, avait médiatisé l'affaire et l'avait portée devant la justice. Trois de ses frères avaient par la suite été tués par une famille rivale.
Afzal Kohistani, en 2012, avait affirmé que des femmes avaient été tuées après être apparues dans une vidéo de mariage, où elles s'amusaient aux côtés d'hommes. Un religieux local avait ordonné la mort des convives des deux sexes apparaissant à l'écran.Selon un haut responsable de la police, M. Kohistani a été abattu mercredi de cinq balles dans une rue passante de la ville d'Abbottabad (nord). Deux autres policiers ont confirmé le meurtre à l'AFP. Au moins deux interpellations ont été réalisées dans cette affaire, ont précisé vendredi des responsables à l'AFP."Les auteurs...


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