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France : 2ème jour de blocage dans une prison après l'agression par un détenu radicalisé



Des gardiens de prison construisant une barricade afin de bloquer l'entrée du centre pénitentiaire d'Alençon, à Condé-sur-Sarthe, dans le nord-ouest de la France, le 7 mars 2019, deux jours après qu'un prisonnier radicalisé a poignardé un garde. Photo AFP / JEAN-FRANCOIS MONIER

La prison d'Alençon/Condé-sur-Sarthe (nord-ouest de la France), où deux surveillants ont été grièvement poignardés mardi par un détenu radicalisé, restait bloquée jeudi pour la deuxième journée consécutive par des surveillants.

Les surveillants pénitentiaires ont à nouveau manifesté leur colère jeudi avec des dizaines d'actions et de blocages de prisons à travers la France. En milieu d'après-midi, seule la prison de Condé-sur-Sarthe restait bloquée, selon l'administration pénitentiaire.

"On lâchera rien, on restera là, on est déterminé", a déclaré devant cette prison, Vincent Temeet, représentant du syndicat SNEPAP/FSU. Une centaine de surveillants bloquaient toujours l'accès de cette prison avec des palettes de bois.

Selon M. Temeet, seuls les officiers de l'administration pénitentiaire pouvaient pénétrer dans l'établissement parmi les plus sécurisés de France.

Mardi, deux surveillants y ont été gravement blessés avec deux couteaux en céramique par un détenu qui s'est radicalisé en prison.

Une intervention policière a abouti à l'interpellation de Michaël Chiolo, 27 ans, qui purgeait une peine de 30 ans, et à la mort de sa compagne, retranchée avec lui pendant près de dix heures dans l'unité de vie familiale de la prison.

Devant Fleury-Mérogis (région parisienne), la plus grande prison d'Europe, le blocage a été levé jeudi vers 08h00 GMT par les forces de l'ordre, "à coup de lacrymos et de matraques", a rapporté le délégué local du syndicat FO Thibault Capelle.

"On veut une revalorisation sécuritaire, indemnitaire et statutaire. On veut arrêter de bosser dans des conditions de merde", fulmine ce responsable syndical. "Les établissements sont devenus des cercueils, donc on préfère mettre les collègues en sécurité en les bloquant".

Mercredi soir, le Premier ministre français Edouard Philippe a reconnu sur la chaîne BFMTV "une défaillance", "probablement dans la fouille des visiteurs": "il faut immédiatement essayer de la comprendre et de la corriger", a-t-il déclaré.

"Des radicalisés, des détenus psychotiques qui n'ont rien à faire dans une prison normale, on en a un paquet nous aussi, et on n'est pas formés à les maîtriser!", s'est indignée de son côté Catherine Forzi, délégué FO, devant la prison des Baumettes à Marseille (sud-est), bloquée toute la matinée par près de 200 agents pénitentiaires.

De Nantes (ouest) à Nice (sud-est) en passant par Villepinte (région parisienne) ou Chambéry (est), l'agression d'Alençon/Condé-sur-Sarthe a réveillé de nombreuses revendications chez les surveillants pénitentiaires, salariales ou en matière d'embauches et de conditions de travail.

Des blocages complets ont été relevés jeudi dans plusieurs centres de détention dans le nord-est du pays et des blocages filtrants dans plusieurs autres à travers le pays.

La prison d'Alençon/Condé-sur-Sarthe (nord-ouest de la France), où deux surveillants ont été grièvement poignardés mardi par un détenu radicalisé, restait bloquée jeudi pour la deuxième journée consécutive par des surveillants.Les surveillants pénitentiaires ont à nouveau manifesté leur colère jeudi avec des dizaines d'actions et de blocages de prisons à travers la France. En milieu d'après-midi, seule la prison de Condé-sur-Sarthe restait bloquée, selon l'administration pénitentiaire."On lâchera rien, on restera là, on est déterminé", a déclaré devant cette prison, Vincent Temeet, représentant du syndicat SNEPAP/FSU. Une centaine de surveillants bloquaient toujours l'accès de cette prison avec des palettes de bois.Selon M. Temeet, seuls les officiers de l'administration pénitentiaire pouvaient pénétrer...