Le ministre algérien des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel, donnant une conférence de presse au Caire. Khaled Desouki/AFP
Les conditions sont réunies pour organiser le 18 avril la présidentielle, ont assuré hier les autorités algériennes, malgré la contestation sans précédent suscitée par la candidature à un 5e mandat du président Abdelaziz Bouteflika, dont le camp commence néanmoins à se fissurer.
L’armée et les forces de sécurité sont « résolument engagées à garantir » la sécurité de la présidentielle, afin de permettre aux Algériens de voter « dans un climat de sérénité, de quiétude et de stabilité », a de son côté déclaré hier le chef d’état-major de l’armée algérienne, le général Ahmed Gaïd Salah. Également vice-ministre de la Défense, il a souligné la « solidité » des « liens nobles et sincères » de l’armée avec le peuple. À aucun moment le général n’a évoqué la candidature – contestée dans la rue – du président dont il est un fidèle.
Homogénéité de façade
L’homogénéité de façade du camp des soutiens de M. Bouteflika face à la contestation semblait néanmoins commencer à se fissurer doucement ces derniers jours. Dans un communiqué, la puissante Organisation nationale des moudjahidine (ONM, qui regroupe les anciens combattants de la guerre d’indépendance), traditionnel soutien de son compagnon d’armes M. Bouteflika, a apporté un soutien inattendu à la contestation.
L’ONM dénonce dans un communiqué des institutions « pas à la hauteur des aspirations du peuple » et « une alliance contre nature entre des membres influents du pouvoir » et des personnes « à qui ont été ouvertes les portes pour faire main basse sur l’argent public ». Plusieurs branches locales ou syndicats affiliés à l’UGTA (Union générale des travailleurs algériens), ont également apporté leur soutien aux manifestants, se démarquant du patron de la centrale syndicale, Abdelmadjid Sidi-Saïd, soutien du chef de l’État.
Aucune manifestation n’était prévue hier, mais un important dispositif policier restait déployé à Alger, alors que la journée de mobilisation s’annonce forte vendredi, coïncidant avec la célébration de la Journée internationale des droits des femmes.
Alors que n’est toujours pas annoncé le retour en Algérie de Abdelaziz Bouteflika, hospitalisé en Suisse il y a plus de dix jours pour, officiellement, des « examens médicaux périodiques », l’ordre des médecins a mis la pression sur le Conseil constitutionnel hier.
Il a rappelé que les certificats médicaux délivrés aux candidats à la présidence de la République doivent répondre aux « règles de déontologie médicale » et que les médecins les rédigeant doivent être « inscrits au tableau de l’ordre des médecins ».
M. Bouteflika, 82 ans, est handicapé par les séquelles d’un AVC depuis 2013, qui l’ont empêché depuis de s’adresser de vive voix aux Algériens et ont rendu rares ses apparitions publiques.
Sur le plan international, le Premier ministre français Édouard Philippe a affirmé hier que son son pays n’a « aucune indifférence » envers la situation en Algérie, mais ne veut se « livrer à aucune ingérence ». « L’Algérie est un pays souverain, c’est donc aux Algériens et aux Algériens seuls qu’il revient de prendre les décisions en matière de leur avenir », a-t-il souligné sur la chaîne d’information continue BFMTV.
Source : AFP

