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France : les gardiens de prison mobilisés après une agression par un détenu radicalisé

Des surveillants bloquant mercredi matin une prison de l'ouest de la France. Photo AFP / JEAN-FRANCOIS MONIER

Un mouvement de contestation affecte les prisons françaises, dont deux sont bloquées mercredi à la mi-journée par un personnel pénitentiaire inquiet pour sa sécurité au lendemain de l'agression de deux surveillants par un détenu radicalisé.

"Il y a 130 personnes devant, tout est bloqué et personne ne rentre, la police, le personnel de direction, seule une infirmière a pu entrer", a témoigné un délégué syndical à l'AFP devant la prison d'Alençon/Condé-sur-Sarthe (ouest), où a eu lieu l'agression de mardi.

"C'est un mouvement illimité. L'émotion est très forte car ça faisait longtemps qu'on disait que ça allait arriver", a-t-il ajouté au milieu de feux de palettes et de pneus.

En début de matinée, 18 prisons - sur 188 en France - étaient bloquées à travers le pays, selon l'administration pénitentiaire, mais ce chiffre est tombé à 10 un peu avant 10H00 GMT, puis à deux. Des débrayages ponctuels ou des blocages partiels (accès restreint au parloir) ont également eu lieu.

Mardi, après l'agression des deux surveillants avec des couteaux en céramique, Michaël Chiolo, 27 ans, qui purgeait une peine de trente ans de prison où il s'est radicalisé, s'était retranché avec sa compagne pendant près de dix heures dans l'unité de vie familiale de la prison.

Après de vaines tentatives de négociations, le RAID - force d'élite de la police nationale - avait lancé l'assaut, conduisant à l'interpellation du détenu et au décès de sa compagne.

Le centre de Condé-sur-Sarthe, "l'un des deux établissements français les plus sécuritaires" selon la ministre française de la Justice Nicole Belloubet, accueille 110 détenus pour 195 places.

"Failles" 

Le procureur de la République de Paris Rémy Heitz a expliqué que Michaël Chiolo avait affirmé vouloir "venger" Chérif Chekatt, l'auteur de l'attentat de Strasbourg (5 morts en décembre 2018). Les deux hommes ont été détenus dans la même prison de l'est de la France au même moment, selon une source proche de l'enquête.

Nicole Belloubet a reconnu mercredi qu'il y avait "encore des failles" dans la gestion des détenus radicalisés, alors que la France vit sous une menace terroriste élevée depuis la vague d'attentats jihadistes qui ont fait au total 251 morts depuis 2015.

"Il ne me semble pas pensable que l'on puisse entrer en détention avec des objets qui ne puissent pas être détectés", a déclaré Mme Belloubet, qui a demandé une inspection de la prison de Condé.

Sur plus de 70.000 détenus en France, 500 sont incarcérés pour des faits de terrorisme et 1.200 prisonniers de droit commun ont été identifiés comme "radicalisés".

Si les jours des deux surveillants blessés ne sont pas en danger, les deux trentenaires, l'un blessé au thorax et l'autre au visage, ont été hospitalisés et ont subi une opération au bloc, selon des sources syndicales, qui exigent davantage de sécurité et des recrutements.

Un représentant syndical du sud de la France demande "des fouilles systématiques des détenus après leur passage au parloir ou dans les unités de vie familiale", et une "palpation systématique des visiteurs de détenus à risque ou radicalisés".

"Ce n'est plus possible, on veut éviter que quelqu'un se fasse tuer, mais au gouvernement ils s'en moquent", regrette un autre représentant syndical, basé sur l'île de Corse (sud).

Devant Fleury-Mérogis, près de Paris, la plus grande prison d'Europe, le blocage a été levé vers 08H00 GMT après que l'accès eut été barré par des militants de syndicats pénitentiaires.

Avant la levée du blocage, Thibault Capelle, délégué syndical local, expliquait à l'AFP: "Les collègues veulent aller bosser mais on ne les laisse pas, on ne les envoie pas dans un mouroir".

Un mouvement de contestation affecte les prisons françaises, dont deux sont bloquées mercredi à la mi-journée par un personnel pénitentiaire inquiet pour sa sécurité au lendemain de l'agression de deux surveillants par un détenu radicalisé. "Il y a 130 personnes devant, tout est bloqué et personne ne rentre, la police, le personnel de direction, seule une infirmière a pu entrer", a témoigné un délégué syndical à l'AFP devant la prison d'Alençon/Condé-sur-Sarthe (ouest), où a eu lieu l'agression de mardi. "C'est un mouvement illimité. L'émotion est très forte car ça faisait longtemps qu'on disait que ça allait arriver", a-t-il ajouté au milieu de feux de palettes et de pneus. En début de matinée, 18 prisons - sur 188 en France - étaient bloquées à travers le pays, selon l'administration...