Sethrida Geagea. Photo d’archives
Sethrida Geagea, députée de Bécharré (Forces libanaises), a présenté hier devant le parquet de cassation une plainte pour diffamation contre Jamil Sayyed, député de Baalbeck-Hermel et ancien directeur de la Sûreté générale, sur fond de polémique autour de l’assassinat en mai 2002 de Ramzi Irani, ancien responsable du département de l’Université libanaise au sein des FL.
La députée de Bécharré a affirmé avoir effectué sa démarche en réaction aux propos de l’ancien directeur de la SG Jamil Sayyed, qui l’a accusée de « connaître, ainsi que tout le groupe de la région du Christ-Roi, tous les détails de l’assassinat de Ramzi Irani ». M. Sayyed faisait référence au lieu où résidait Mme Geagea durant la détention de son époux, Samir Geagea, chef des FL.
La plainte présentée par l’avocate de Mme Geagea, Me Éliane Fakhri, chef du service juridique des Forces libanaises, comporte la réclamation d’un montant de dix milliards de livres libanaises (soit 6 666 000 dollars) de dommages-intérêts. Une somme que la députée FL compte verser, si elle lui est allouée, aux familles de Ramzi Irani et d’une autre victime appartenant aux Forces libanaises, Faouzi Rassi (tué en 1994), ainsi qu’à Antoinette Chahine, condamnée à la peine capitale au Liban en 1997 dans l’affaire de l’église Notre-Dame de la Délivrance de Zouk et acquittée après avoir purgé deux ans de prison.
Il y a près d’un mois, une violente polémique avait éclaté entre Mme Geagea et M. Sayyed, lorsque, dans une réponse à une question posée par un journaliste au sujet du meurtre de Ramzi Irani, M. Sayyed avait lancé : « Adressez-vous donc à Sethrida Geagea ou au groupe du Christ-Roi car ils connaissent sûrement tous les détails. » La députée FL avait alors réagi en affirmant que M. Sayyed avait répondu « avec insolence » à la question. « Jamil Sayyed était à l’époque le directeur de la Sûreté générale et, en réalité, le directeur de toute la sécurité du Liban. (...) N’aurait-il pas pu savoir qui se cache derrière l’assassinat de Ramzi Irani et le présenter à la justice ? » s’était-elle interrogée. « Moi, j’étais dans la région du Christ-Roi en résidence surveillée et poursuivie jour et nuit », avait-elle indiqué, annonçant qu’elle allait se pourvoir en justice.
L’assassinat de Ramzi Irani n’a jamais été officiellement élucidé. Enlevé en plein jour à Beyrouth, le cadre FL avait été retrouvé mort dans le coffre d’une voiture à Raouché.

