Iskandar Safa, propriétaire de Valeurs Actuelles, est intéressé par Nice-matin. Photo issue du site de M. Safa
La holding du magnat franco-libanais des chantiers navals civils et militaires Iskandar Safa, propriétaire de Valeurs Actuelles, a confirmé jeudi à l'AFP son intérêt pour une reprise de Nice-Matin, dont la direction a sollicité le tribunal de commerce de Nice dans la journée.
Yves de Gaulle, administrateur de Privinvest Médias aux côtés notamment des anciens journalistes Etienne Mougeotte et Charles Villeneuve, a déclaré que l'offre sur Nice-Matin, déjà évoquée au cours d'une assemblée générale des salariés, était "toujours" d'actualité, alors que le journal fait l'objet d'une procédure devant la justice. Le tribunal de commerce de Nice doit en effet statuer d'ici au 6 mars sur la demande de la direction du journal d'ouvrir une procédure de sauvegarde et d'entériner de ce fait son désaccord avec son partenaire belge Nethys, actionnaire depuis 2016 à hauteur de 34%. Les 66% restants du capital appartiennent aux 456 salariés actionnaires de la Société coopérative d'intérêt collectif (SCIC).
"Nethys est un actionnaire absent, il n'y a aucune volonté d'avoir un vrai projet, sans qu'on sache pourquoi, et c'est ce qui nous inquiète. La seule solution est de le forcer à négocier avec nous et le futur acquéreur, quel qu'il soit", a expliqué Alexandre Sare, secrétaire du comité d'entreprise, présent au tribunal jeudi. Selon lui, M. Safa propose "la reprise de tous les salariés, la modernisation de l'imprimerie, la diversification dans l'événementiel, l'amélioration de l'édition numérique, à côté de l'édition papier. Il vient pour la presse, la marque et pour faire un projet".
Le rachat des parts des 456 salariés actionnaires, qui avaient investi leur 13e mois à la création de la SCIC en 2014, est "seulement un bonus: ce qui nous intéresse, c'est le projet à venir", a également assuré M. Sare.
Dans un communiqué, la société Nethys s'est déclarée "surprise" de cette demande d'ouverture d'une procédure de sauvegarde, assurant avoir "pleinement assumé son rôle d'actionnaire et de partenaire" du groupe Nice Matin et vouloir continuer à assumer ce rôle. Nethys affirme avoir investi plus de 3 millions d'euros en décembre 2018, portant ainsi à plus de 20 millions d'euros ses investissements dans le journal en 24 mois.
M. Safa avait déjà été candidat à la reprise de Nice-Matin en 2014, aux côtés du groupe de presse belge Rossel et du groupe familial monégasque de BTP Marzocco, mais leur offre, qui prévoyait plusieurs centaines de licenciements, s'était alors heurtée à l'opposition de l'atelier et de la rédaction.
Nice-Matin s'est séparé depuis de plus de 300 salariés sur 1.106. Son tirage moyen est passé de 155.000 à 125.000 exemplaires mais les finances ont été redressées.
Très secret, M. Safa contrôle des chantiers navals à Cherbourg (CNM), en Grèce, à Abou Dhabi et au nord de Hambourg en Allemagne (GNYK pour les grands navires militaires et Nobiskrug, d'où est sorti en 2017 le plus grand yacht voilier du monde). Il compte six grandes marines nationales comme clients. Premier citoyen d'honneur de Mandelieu-La Napoule, il y possède l'ancien domaine Paul Ricard sur 1.350 hectares. L'opposition municipale n'a de cesse de critiquer ses liens avec la famille Leroy, à la tête de la mairie depuis près de 25 ans.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine