Le président vénézuélien Nicolas Maduro et le président américain Donald Trump. Photo d'archives AFP
Le ministre vénézuélien des Affaires étrangères a appelé mercredi à l'ONU à une rencontre entre les présidents américain Donald Trump et vénézuélien Nicolas Maduro pour tenter de mettre un terme à la crise.
Jorge Arreaza a fait cette annonce dans un discours devant le Conseil des droits de l'Homme à Genève, boycotté par de nombreux diplomates, notamment de l'Union européenne et d'Amérique latine.
"Nous proposons une voie vers le dialogue (...) même avec les Etats-Unis", a dit le ministre, avant de s'exclamer : "Pourquoi pas une rencontre entre le président Trump et le président Maduro ?".
Les Etats-Unis ne siègent plus au Conseil des droits de l'Homme depuis leur retrait décidé l'an dernier par Donald Trump.
Mais à l'occasion d'une séance mercredi de la Conférence sur le désarmement, l'ambassadeur américain Robert Wood a quitté la salle en signe de protestation lorsqu'un vice-ministre vénézuélien des Affaires multilatérales, Felix Plasencia, a pris la parole.
D'autres diplomates lui ont emboîté le pas.
Interrogé ensuite par les journalistes sur l'invitation au dialogue avec le président Maduro, M. Wood a répondu : "Le président Trump est prêt à rencontrer le vrai président du Venezuela et c'est Juan Guaido".
Une cinquantaine de pays, dont les Etats-Unis, le Brésil, la Colombie et la majorité des membres de l'UE, ont reconnu M. Guaido en tant que président par intérim.
A la tribune du Conseil des droits de l'Homme, Jorge Arreaza a longuement dénoncé ce qu'il qualifie d'"agression" américaine contre son pays, notamment le blocus économique et le gel des avoirs vénézuéliens à l'étranger qu'il a évalués à 30 milliards de dollars.
"Cet argent appartient au peuple vénézuélien (...) Cela commence à devenir difficile. Le Conseil des droits de l'Homme devrait élever la voix contre ce blocus" qui prive les gens ordinaires de nourriture et de médicaments, a-t-il dit.
Il a également accusé les Etats-Unis de vouloir envahir le Venezuela sous couvert de distribution de l'aide humanitaire.
"La crise humanitaire est utilisée comme prétexte à une intervention militaire", a-t-il affirmé.
L'ambassadeur américain a qualifié de "honte" le fait que des représentants du régime de Caracas soient autorisés à faire des discours à l'ONU.
"L'ex-régime Maduro ne devrait pas être autorisé à essayer de continuer à représenter le peuple vénézuélien", a dit M. Wood.
Quelque 2,7 millions de Vénézuéliens ont quitté leur pays depuis le début de la crise politique et économique en 2015, selon les chiffres de l'ONU.


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