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Bangladesh : le père de Shamima Begum appelle Londres à la reprendre



Renu Begum tenant une photo de sa soeur Shamima, partie en Syrie rejoindre le groupe Etat islamique, lors d'une interview avec l'AFP, à Londres, le 22 février 2015. AFP / POOL / POOL / LAURA LEAN

Le père de Shamima Begum, jeune femme qui a rejoint le groupe État islamique (EI) et se retrouve aujourd'hui au centre d'un casse-tête juridique entre Londres et Dacca, a appelé lundi le Royaume-Uni à la reprendre.

Le cas de cette jeune femme de 19 ans, partie en Syrie en 2015 avec deux camarades de classe, divise le Royaume-Uni et illustre les dilemmes auxquels sont confrontés les pays européens face au retour de leurs ressortissants ayant rejoint l'organisation jihadiste.

D'origine bangladaise mais née au Royaume-Uni, Shamima Begum se trouve dans le camp de réfugiés d'Al-Hol (nord-est de la Syrie) et a exprimé son intention de revenir sur le territoire britannique. Or, Londres l'a déchue la semaine dernière de sa nationalité britannique en invoquant des raisons de sécurité, estimant qu'elle était en droit de demander le passeport bangladais. Mais le Bangladesh refuse de l'accueillir, indiquant qu'elle n'en a jamais demandé la nationalité.

"Le gouvernement britannique devrait la reprendre car elle est une citoyenne britannique", a déclaré à l'AFP son père Ahmed Ali depuis son village isolé dans le nord-est du Bangladesh, où il vit avec sa seconde épouse. "Si elle a un commis un crime, ils devraient la ramener à Londres, dans son pays, et la punir là-bas", a-t-il ajouté. Sa déchéance de nationalité "n'était pas la bonne chose à faire", a-t-il estimé.

La convention de New York du 30 août 1961, ratifiée par le Royaume-Uni, interdit de rendre une personne apatride. Une bataille judiciaire s'annonce autour du cas de Shamima Begum.

La jeune femme, qui a récemment accouché d'un enfant né de son union avec un jihadiste, a choqué l'opinion publique britannique par son absence de remords dans des déclarations. Elle a notamment affirmé qu'elle ne regrettait pas sa fuite en Syrie alors qu'elle n'avait que 15 ans, et a qualifié l'attentat de Manchester, qui avait fait 22 morts en mai 2017, de mesure de "représailles" aux frappes de la coalition occidentale contre l'EI.

Ahmed Ali a vu sa fille pour la dernière fois deux mois avant son départ en Syrie et dit n'avoir détecté aucun signe de radicalisation. "C'était certainement une erreur de rejoindre l'EI. Peut-être c'est parce qu'elle était une enfant. Elle n'est peut-être pas allée là-bas de son plein gré. Elle a peut-être été mal conseillée par d'autres personnes", a-t-il déclaré à l'AFP.

Le père de Shamima Begum, jeune femme qui a rejoint le groupe État islamique (EI) et se retrouve aujourd'hui au centre d'un casse-tête juridique entre Londres et Dacca, a appelé lundi le Royaume-Uni à la reprendre.
Le cas de cette jeune femme de 19 ans, partie en Syrie en 2015 avec deux camarades de classe, divise le Royaume-Uni et illustre les dilemmes auxquels sont confrontés les pays européens face au retour de leurs ressortissants ayant rejoint l'organisation jihadiste.D'origine bangladaise mais née au Royaume-Uni, Shamima Begum se trouve dans le camp de réfugiés d'Al-Hol (nord-est de la Syrie) et a exprimé son intention de revenir sur le territoire britannique. Or, Londres l'a déchue la semaine dernière de sa nationalité britannique en invoquant des raisons de sécurité, estimant qu'elle était en droit de demander...