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Décoration

Zeina Arida, chevalier des arts et des cœurs

Véronique Aulagnon remettant à Zeina Arida les insignes de chevalier dans l’ordre des Arts et des Lettres. Photo Michel Sayegh

Le musée Sursock était nimbé hier soir d’une lumière autrement plus scintillante, plus chaleureuse. C’est que sa directrice Zeina Arida recevait des mains de Véronique Aulagnon, conseillère de coopération et d’action culturelle de l’ambassade de France, au nom du ministre français de la Culture, les insignes de chevalier dans l’ordre des Arts et des Lettres, devant un parterre du monde culturel et artistique libanais, en présence des membres du comité d’administration du musée, conduit par son président Tarek Mitri.

Cette reconnaissance bien méritée de sa contribution majeure au rayonnement des arts au Liban et bien au-delà est également un hommage à son engagement francophile et francophone.

Après des études à la Sorbonne, et après un passage par la commission nationale libanaise pour l’Unesco, puis par le Centre culturel français, Zeina Arida a cofondé en 1997 la Fondation arabe pour l’image, dont elle a assumé la direction pendant 17 ans, afin de mettre en lumière le patrimoine historique et iconographique méconnu du monde arabe. En 2014, elle devient directrice du musée Nicolas Sursock et « relève un défi de taille, à savoir œuvrer à la réouverture de l’établissement après sept ans de travaux faramineux : rénovation, extension et aménagement muséographique du bâtiment », comme le note Véronique Aulagnon.

« Les murs s’agrandissent, la vision et les défis s’élargissent, mais la base demeure, poursuit la conseillère de coopération. Car votre principal souci est de rester fidèle à l’esprit de son fondateur, Nicolas Sursock, qui dans son testament avait décidé de faire de sa demeure un musée ouvert à tous les Libanais, un espace de conservation des œuvres d’art des peintres libanais ou étrangers résidant au Liban. »

« Depuis cinq ans, vous avez joué un rôle déterminant pour positionner cette institution comme un musée d’art moderne et contemporain de référence, non seulement au Liban mais bien au-delà… Vous avez réussi ce pari de faire du musée Sursock un musée que l’on admire, mais surtout que l’on aime », a conclu Véronique Aulagnon.

Se déclarant « heureuse et fière » de cette décoration, Zeina Arida a remercié la France, son ambassadeur au Liban Bruno Foucher, Véronique Aulagnon et Éric Lebas, de la mission culturelle française. Elle a également remercié Tarek Mitri, président du comité du musée Sursock, ainsi que tous les membres « pour la confiance qu’ils (lui) ont accordée en (lui) confiant la direction de cette institution unique au Liban ».

« Merci à mes collaborateurs et à mes collaboratrices (puisque nous sommes une majorité de femmes) qui forment la petite équipe du musée, petite mais costaude. À l’aide de nos consultants et partenaires, ils ont réussi à faire du musée ce qu’il est aujourd’hui », a enchaîné Zeina Arida.

« L’an dernier, nous avons produit 15 expositions, organisé 90 programmes parallèles, numérisé 4 000 documents, mis à disposition des 2 000 utilisateurs de la bibliothèque. Une somme de travail énorme récompensée par le succès que connaît le musée ; en 2018, le musée a accueilli 70 000 visiteurs. »

Cette décoration vient aussi récompenser des années de travail et d’engagement pour la collecte, la préservation et l’étude des pratiques photographiques dans le monde arabe. Zeina Arida a enfin dédié cette décoration à sa mère Leila, à son père Touma, à ses sœurs Joumana et May, ses filles Iris et Lucie et son mari Karl Bassil.


Le musée Sursock était nimbé hier soir d’une lumière autrement plus scintillante, plus chaleureuse. C’est que sa directrice Zeina Arida recevait des mains de Véronique Aulagnon, conseillère de coopération et d’action culturelle de l’ambassade de France, au nom du ministre français de la Culture, les insignes de chevalier dans l’ordre des Arts et des Lettres, devant un...