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"J'ai peur pour mon pays", s'inquiète le plus haut fonctionnaire du Canada

AFP
21/02/2019

Le plus haut fonctionnaire du Canada, Michael Wernick, a nié jeudi toute intervention politique dans une affaire de corruption impliquant le géant du BTP SNC-Lavalin, mais s'est dit "très inquiet pour (son) pays" à quelques mois d'élections législatives incertaines.

Greffier du Conseil privé (le ministère du Premier ministre Justin Trudeau), M. Wernick témoignait devant le comité parlementaire sur la justice, qui veut faire la lumière sur d'éventuelles pressions du bureau du chef du gouvernement pour éviter un procès au géant canadien de l'ingénierie SNC-Lavalin, accusé de corruption en Libye.

"Beaucoup a été dit et écrit depuis les dernières semaines, et je pense qu'il faut clarifier certains éléments. J'ai peur pour mon pays en ce moment, je suis très inquiet pour mon pays en ce moment, pour sa politique, et la direction qu'il prend", a-t-il lancé devant les élus de ce comité.

Cette affaire, la pire crise politique au Canada depuis l'élection de M. Trudeau en 2015, est née de révélations du Globe and Mail. Selon ce journal, le cabinet du Premier ministre a fait pression sur l'ex-ministre de la Justice pour qu'elle intervienne dans le dossier SNC-lavalin, afin que les procureurs concluent un accord à l'amiable évitant à ce groupe un procès potentiellement dévastateur.

"L'article du Globe and Mail contenait des erreurs, des spéculations infondées et, à certains égards, était tout simplement diffamatoire", a lancé aux députés qui l'interrogeaient le haut fonctionnaire, au service du gouvernement fédéral depuis 37 ans.

Le quotidien de Toronto a assuré que l'ex-ministre, Judy Wilson-Raybould, avait "ignoré" les demandes du cabinet de Justin Trudeau, ce qui lui aurait coûté son poste: mi-janvier, elle avait été rétrogradée ministre des Anciens combattants, et mardi dernier elle a claqué la porte du gouvernement Trudeau.

"A chaque fois qu'il en a eu l'occasion (...), le Premier ministre a été clair sur le fait que la décision (de conclure un accord à l'amiable avec SNC-Lavalin, NDLR) revenait à la ministre. Elle était celle qui devait trancher", a dit M. Wernick, soutenant ainsi la version des faits donnée par M. Trudeau depuis le début de cette crise.

Cette affaire a alimenté la haine anti-Trudeau en ligne, notamment sur les groupes Facebook de gilets jaunes canadiens où nombre de personnes accusent le Premier ministre de "trahison" et appellent à un procès.

Le Greffier du Conseil privé a confié être "inquiet de la montée des appels à la violence quand les gens parlent de +trahison+. Ces mots mènent au meurtre. J'ai peur que quelqu'un se fasse tirer dessus dans le pays cette année, durant la campagne électorale".

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