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France : une commission d'enquête demande des poursuites contre Benalla pour "faux témoignage"

AFP
20/02/2019

La commission d'enquête sénatoriale française sur l'affaire Benalla a demandé au Bureau du Sénat de saisir la justice pour "faux témoignage" de la part d'Alexandre Benalla, ex-collaborateur d'Emmanuel Macron, et de Vincent Crase, ex-employé du parti-présidentiel, tous deux en détention provisoire depuis mardi.

Dans une lettre adressée au président du Sénat Gérard Larcher, dont l'AFP a eu connaissance mercredi, la commission met également en cause le témoignage de trois hauts responsables au palais présidentiel - Patrick Strzoda, Alexis Kohler et le général Lionel Lavergne - les soupçonnant d'"omissions, incohérences" et "contradictions".

"Tout témoignage mensonger devant une commission d'enquête parlementaire est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 75.000 euros d'amende", rappellent dans leur lettre le président de la commission d'enquête Philippe Bas et les deux co-rapporteurs, Jean-Pierre Sueur et Muriel Jourda.

Concernant M. Benalla, ancien chargé de mission au palais présidentiel, ils estiment que "contrairement à ses affirmations, (il) assurait bien, dans les faits, une fonction de protection rapprochée du chef de l'Etat". Ils épinglent aussi ses déclarations sous serment sur ses passeports diplomatiques.

M. Benalla et Vincent Crase, ex-employé du parti présidentiel La République en Marche (LREM) et ex-gendarme réserviste en fonction à la présidence de la République, sont aussi soupçonnés d'avoir menti sur le contrat de sécurité privé négocié avec un oligarque russe, Iskander Makhmudov.

Concernant Patrick Strzoda, directeur de cabinet du président Emmanuel Macron, Alexis Kohler, secrétaire général de l'Elysée, et le général Lionel Lavergne, chef du Groupe de Sécurité de la Présidence de la République (GSPR), la commission estime avoir "bénéficié d'utiles informations" de leur part mais elle a "également mis au jour dans leurs déclarations un certain nombre d'omissions, d'incohérences et de contradictions", est-il indiqué dans la lettre.

Ces trois hauts responsables "ont retenu une part significative de la vérité à la commission", notamment "sur le périmètre de la mission de sécurité exercée par Alexandre Benalla", juge la commission, qui demande au Bureau du Sénat "de saisir le ministère public", qui pourra "procéder aux investigations qu'il jugera opportunes afin de déterminer s'il y a lieu de donner des suites judiciaires à ces déclarations".

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