Les deux partis principaux nigérians qui devaient s'affronter samedi lors de l'élection présidentielle ont condamné fermement le report du scrutin, annoncé in extremis par la Commission électorale, et ont accusé chacun l'autre camp d'en être à l'origine.
Le parti au pouvoir, le Congrès des Progressistes (APC), s'est dit "extrêmement déçu" de cette décision, demandant à la Commission électorale de rester "impartiale".
"Nous espérons que la Commission nationale électorale indépendante (INEC) restera neutre et impartiale dans ce processus alors que les rumeurs suggèrent que ce report a été orchestré par le principal parti de l'opposition, le PDP (Parti Populaire Démocratique), qui n'a d'ailleurs jamais été prêt pour cette élection", a dénoncé Festus Keyamo, directeur de campagne du président sortant Muhammadu Buhari.
"N'offrons à personne, et surtout pas au PDP, l'occasion de plonger la nation dans une crise, qui est tout ce qu'ils désirent", a-t-il écrit dans un communiqué. De son côté, le candidat de l'opposition, Abubakar Atiku, a appelé ses supporters au calme face à une "provocation". "Ils [l'APC] savent que le peuple nigérian est déterminé à les rejeter, ils sont désespérés et ils feraient n'importe quoi pour éviter cela", a écrit le candidat du PDP, depuis l'Etat de l'Adamawa (nord-est), dont il est originaire, et où il s'était rendu pour voter samedi. "Leur plan est la provocation, espérant une réaction négative et pouvoir ainsi utiliser des tactiques anti-démocratiques", a-t-il asséné. "C'est pourquoi je demande aux Nigérians d'être patients (...) et de leur faire part de leur décision à travers les urnes."
L'INEC a repoussé d'une semaine les élections générales (présidentielle et législatives) prévues samedi, arguant de problèmes logistiques à l'issue d'une réunion en urgence dans la nuit précédant le scrutin.
La présidentielle et les législatives se dérouleront le 23 février.


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