Le président soudanais Omar el-Béchir. AFP / ASHRAF SHAZLY
Des membres de la société civile soudanaise et française ont appelé mercredi la communauté internationale à "faire pression" sur le régime de Khartoum pour qu'il cesse "la violente répression" des manifestations et déploré un "silence assourdissant" de la France et de la commission européenne.
"Nous lançons un appel à la communauté internationale pour qu'elle fasse pression sur le régime, pour qu'il arrête cette violence, ces violations des droits de l'Homme. Et qu'il punisse les actions que perpètre le régime envers le peuple soudanais", a déclaré en arabe Ali Haroun, membre de la branche française de la Coordination pour le soutien de la révolution soudanaise.
Lors d'une conférence de presse rassemblant plusieurs organisations à Paris, ce jeune militant a appelé "le peuple français à soutenir le peuple soudanais, pour briser le silence sur ce qui se passe au Soudan", en dénonçant une "répression violente ayant fait plus de 60 morts".
Depuis le 19 décembre, le Soudan est secoué par un mouvement de contestation contre le régime du président Omar el-Béchir, déclenché par la décision du gouvernement de tripler le prix du pain, dans un pays en plein marasme économique.
Selon un bilan officiel, 30 personnes sont mortes depuis le début du mouvement. Human Rights Watch (HRW) a fait état de 51 morts. D'après des ONG de défense des droits humains, plus de 1.000 manifestants, leaders de l'opposition, militants et journalistes ont été arrêtés.
"Malgré ce qui se passe, il y a un silence assourdissant, notamment de la France et de la commission européenne", a regretté Abdessalam Kleiche, membre fondateur du Centre européen pour la paix dans la Corne de l'Afrique qui a toutefois salué une récente résolution du Parlement européen.
"Ce régime s'est vendu à la fois en France et en Europe comme la seule alternative de stabilisation de la région, notamment pour lutter contre l'immigration clandestine", a-t-il estimé.
Mais pour cet universitaire français, "la préservation de la stabilité passe par un changement démocratique" au Soudan. "La crainte ce n'est pas l'effondrement du régime, la crainte c'est l'effondrement du pays", a-t-il estimé, en rappelant l'exemple de la Libye.


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