Des "gilets jaunes" manifestant sur l'avenue des Champs-Elysées, le 9 février 2019 à Paris. Photo REUTERS/Gonzalo Fuentes
Les "gilets jaunes" manifestaient samedi pour la 13ème fois dans toute la France, malgré une mobilisation affaiblie par près trois mois de contestation et des querelles autour d'éventuelles récupérations politiques.
La mobilisation a reflué lors des deux derniers samedis: 58.600 personnes ont manifesté dans toute la France le 2 février, selon le ministère de l'Intérieur, un chiffre contesté par le mouvement qui a revendiqué un "nombre jaune" de 116.000 manifestants.
Les cortèges s'annonçaient samedi dispersés sur tout le territoire. A Paris, plusieurs centaines de manifestants étaient rassemblés en fin de matinée sur les Champs-Elysées, d'où un cortège doit partir vers le Champ-de-Mars, au pied de la Tour Eiffel, a constaté un journaliste de l'AFP.
"Il faut pas lâcher, il faut qu'on gagne pour avoir plus de justice sociale et fiscale dans ce pays", plaidait Serge Mairesse, un retraité d'Aubervilliers (région parisienne) porteur d'une pancarte réclamant le rétablissement de l'impôt sur la fortune, largement allégé par M. Macron. "Ce mouvement exprime la vraie colère sociale dans ce pays, de la part de gens qu'on n'entend jamais", souligne cet homme de 63 ans qui participe à sa onzième manifestation depuis le début en novembre de cette fronde soutenue par près de deux Français sur trois (64%), selon un sondage diffusé jeudi.
Les slogans récurrents visaient la police, reprochant des violences notamment avec l'utilisation des controversés lanceurs de balles de défense (LBD), accusés d'avoir causé plusieurs blessures graves.
Deux blindés à roues de la gendarmerie étaient garés devant l'Arc de Triomphe, vandalisé le 1er décembre.
En région, des rassemblements sont prévus à Bordeaux et Toulouse, dans le sud-ouest de la France, pôles depuis plusieurs semaines de contestations souvent émaillées de heurts. Diverses manifestations et actions sont également programmées dans d'autres villes, telles Lille (nord), Nantes, Rennes ou Brest (ouest).
Nombre de manifestants veulent éviter toute récupération politique, au moment où Rome multiplie les encouragements au mouvement dans la perspective des élections européennes.
Luigi Di Magio, chef de file du Mouvement 5 étoiles et numéro deux du gouvernement populiste italien, a semé la zizanie en rencontrant mardi Christophe Chalençon -- une figure controversée qui a appelé à installer un ancien militaire au pouvoir -- et d'autres membres d'une liste de "gilets jaunes" montée pour ces élections.
Une rencontre impromptue, organisée à l'insu de la tête de liste, Ingrid Levavasseur, et qui a provoqué une crise diplomatique historique entre l'Italie et La France.


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