La France s'est félicitée vendredi que l'Allemagne ait "beaucoup évolué" sur le projet de gazoduc Nord Stream 2 (NS2), en acceptant de voter une directive qui va le "soumettre à un contrôle européen", a indiqué la présidence française.
Un compromis a été trouvé entre la France et l'Allemagne sur la directive gaz, qui donne à l'UE le pouvoir de contrôle des grands projets d'infrastructures gazières.
L'Allemagne a accepté le texte, la France acceptant en contrepartie que ce soit le régulateur allemand qui soit chargé de son application concernant le projet NS2 de livraison de gaz russe. La France espère maintenant une adoption rapide de la directive.
"L'Allemagne comptait bloquer cette directive mais elle a beaucoup évolué car elle a compris qu'elle n'avait pas une minorité de blocage et que la directive aurait été adoptée sans elle", a commenté la présidence française.
Ce dossier qui porte sur les approvisionnements énergétiques de l'Allemagne divise les deux alliés européens, Paris craignant pour sa part l'accroissement de la dépendance de l'UE au gaz russe.
"Si (la directive) est adoptée, la Commission (européenne) imposera sans doute un certain nombre de garanties pour que le projet se fasse, dont des garanties de transit d'une partie du gaz par l'Ukraine et la Slovaquie. Cela va sans doute le décaler un peu", estime la présidence française.
La directive impose en effet que Nord Stream 2 respecte le critère qui oblige à dissocier fournisseur et producteur, ce que le projet actuel avec Gazprom - les deux à la fois - ne respecte pas.
"Il y a deux solutions: soit reconfigurer le projet de manière très importante, avec un très fort impact sur le délai, soit le régulateur allemand présente une demande de dérogation en démontrant que le projet renforce les règles de concurrence et la sécurité énergétique".
Pour Paris, "la solution serait que du gaz continue de transiter en partie par l'Ukraine", dont les revenus liés au transit du gaz représentent jusqu'à 2% du PIB.
A trois mois des élections européennes, "c'est aussi un message sur l'indépendance énergétique de l'UE" et sur la capacité de l'Europe à se protéger, relève l'Elysée.
"On ne peut pas dire qu'on est pour la protection européenne des influences extérieures et en même temps ne pas prendre en compte la préoccupation de pays comme la Pologne et la Slovaquie. Sinon ils auraient été fondés à nous dire, vous les Français et les Allemands, la souveraineté européenne, c'est quand ça vous arrange. On ne veut pas entretenir de tels discours", a commenté Paris.


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