Adem Yilmaz au tribunal à Duesseldorf en Allemagne, le 4 mars 2010. REUTERS/Frank Augstein/Pool
Washington a vivement reproché jeudi à l'Allemagne d'avoir extradé vers la Turquie un jihadiste inculpé aux Etats-Unis pour son rôle dans la mort de deux militaires américains.
Le Turc Adem Yilmaz a été condamné en 2010 en Allemagne à onze ans de prison pour sa participation à une cellule islamique qui projetait des attentats dans le Sauerland, dans le sud-ouest du pays.
La justice américaine l'a de son côté accusé d'avoir joué un rôle dans un attentat à la bombe commis en 2008 dans la province de Khost, en Afghanistan, dans lequel deux soldats américains avaient été tués et onze blessés.
Les Etats-Unis ont formulé une demande d'extradition pour pouvoir le juger, mais un tribunal allemand a ordonné son transfert vers la Turquie à l'issue de sa peine.
"Nous sommes extrêmement déçus par la décision allemande", a déclaré le ministre américain de la Justice par intérim Matthew Whitacker dans une déclaration au ton très vif.
"Le gouvernement allemand a délibérément aidé Yilmaz à échapper à la justice en le faisant monter à bord d'un avion pour la Turquie", a-t-il poursuivi, accusant Berlin d'avoir "refusé de prendre ses responsabilités, "violé le traité" d'extradition avec Washington et "affaibli l'état de droit".
L'extradition "a été décidée par un tribunal indépendant, qui a respecté les critères de droit", a réagi une source diplomatique allemande sous couvert d'anonymat.
Le sujet a été abordé mercredi lors d'une visite du ministre allemand des Affaire étrangères Heiko Maas à Washington, rapportent les médias américains.
Les relations entre les Etats-Unis et l'Allemagne sont tendues depuis l'élection de Donald Trump en 2016.
La chancelière Angela Merkel a mis en garde le président américain contre la tentation de "détruire" le multilatéralisme après son retrait de nombreux traités (sur le nucléaire iranien, le changement climatique, le contrôle des armes...).
Lui a multiplié les attaques frontales contre Berlin sur les questions commerciales, le niveau des dépenses militaires ou le débat migratoire.


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