AFP / Lillian SUWANRUMPHA
L'ancien joueur de football Hakeem Ali Al-Araibi, détenu en Thaïlande depuis fin novembre, ne sera pas libéré sous caution car il y a un risque de fuite, a estimé mercredi le parquet thaïlandais.
"Quand vous regardez nos statistiques concernant les étrangers dans des procédures judiciaires, ils payent leur caution pour sortir (...) et ensuite ne se présentent pas devant le tribunal", a déclaré lors d'une conférence de presse Chatchom Akapin, directeur général des procédures internationales au bureau du procureur général.
Hakeem Ali Al-Araibi, 25 ans, est accusé d'"infractions criminelles" dans son pays, a ajouté Prayuth Bejraguna, porte-parole adjoint du bureau.
Le 4 février, la justice thaïlandaise a décidé de prolonger d'au moins deux mois la détention de l'ancien footballeur de la sélection nationale de Bahreïn, un tribunal lui accordant "un délai de 60 jours" pour présenter sa défense.
Une campagne internationale très médiatisée réclame son retour en Australie, où il bénéficie du statut de réfugié politique car il redoute d'être torturé dans son pays d'origine.
Mais les autorités thaïlandaises ont accepté la semaine dernière d'examiner la demande d'extradition déposée par le Bahreïn, qui lui reproche des activités subversives, et l'affaire a été renvoyée devant un tribunal pénal de Bangkok.
"La Thaïlande est hautement coupable dans la détention de Hakeem et a toujours le pouvoir de contourner les procédures judiciaires et de prendre la décision de le renvoyer chez lui en Australie", a relevé dans un communiqué Graham Thom, coordinateur des réfugiés pour Amnesty International Australie.
Hakeem Ali Al-Araibi est détenu depuis le 27 novembre dans le royaume, où il était venu passé sa lune de miel. La Thaïlande n'est pas signataire de la convention sur les réfugiés et nombre d'entre eux sont renvoyés dans leur pays d'origine.
L'ex-footballeur a été condamné par contumace à dix ans de prison par la justice de Bahreïn, accusé d'avoir endommagé un poste de police en 2012 lors de manifestations en marge du "Printemps arabe", ce qu'il a toujours nié.
L'instance suprême du football, le Comité international olympique (CIO) et le Premier ministre australien lui ont notamment apporté leur soutien.
Bahreïn juge de son côté "inacceptable" toute ingérence dans cette affaire.
S'il est extradé, M. Al-Araibi se verra "garantir tous les droits et toutes les protections juridiques, ainsi que le plein accès à une représentation adéquate", a assuré dimanche le ministère des Affaires étrangères de Bahreïn.


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