On se souvient du copilote d’un avion de la compagnie Germanwings qui, le 26 mars 2015, s’est barricadé dans le cockpit de son Airbus et a laissé l’appareil qu’il « pilotait » s’écraser en fonçant sur les Alpes françaises.
Cette image me fait penser au sort que réservent nos dirigeants, à quelque bord qu’ils appartiennent, à un pays entier qui a pour nom Liban. La seule différence c’est que le copilote en question était dépressif et voulait se tuer, entraînant avec lui dans la mort tous les passagers et le reste de l’équipage. Alors que dans le cas du Liban, les « pilotes » qui conduisent ce pays vers le naufrage, la faillite et à terme la disparition sont bel et bien sains d’esprit et le font de manière délibérée, pour des raisons bassement mercantiles ou pour des ambitions personnelles de courte vue ou sur ordre de l’étranger.
Avant que le navire ne coule, nos vaillants pilotes trouveront bien le moyen d’en sauter et de sauver leur peau puisqu’ils auront bien assuré leurs arrières, ayant déposé à l’étranger le gros magot qu’ils auront amassé au cours d’une vie de triste besogne.
En somme, les Libanais sont tous embarqués dans un vaisseau ivre piloté par des vendus qui ont juré sa perte.
En 1975, c’était encore les mêmes qui avaient de façon criminelle entraîné ce beau pays dans un cycle de morts et de destructions qui a duré 15 ans.
Et c’est à cette même clique criminelle et corrompue que les Libanais ont encore une fois confié les rênes du pouvoir lors des élections législatives de mai dernier.
Le Liban a atteint un degré de déliquescence bien avancé dans tous les domaines : une administration pléthorique gangrénée par le clientélisme et le confessionalisme, des fonctionnaires et des juges nommés sur la base de leur confession et de leur appartenance partisane et non en fonction de leur compétence et de leur intégrité, des services de santé déficients et inhumains, une éducation qui se dégrade d’année en année, eau et électricité fournies par intermittence, état dégradé des routes et de la voirie qui provoquent des catastrophes à chaque intempérie, embouteillages monstres partout le jour ou bien des chauffards la nuit qui conduisent comme des fous et provoquent des accidents mortels en toute impunité, déficience dans la collection des déchets de façon délibérée et à des fins lucratives, pollution de l’environnement, défiguration des montagnes par des carrières sauvages, et de la côte par les immondices et les constructions illégales mais dûment autorisées pour des raisons mercantiles.
Ce petit pays de quelques milliers de kilomètres carrés, bien doté par la nature, aurait pu de fait constituer un petit paradis, un bijou de la Méditerranée et beaucoup mieux qu’une Suisse du Moyen-Orient, si chacun balayait devant sa porte et s’il était gouverné par un personnel politique compétent et intègre.
Après 15 ans de bombardements et de massacres qui ont traumatisé le citoyen libanais, celui-ci est devenu complètement passif. On dirait qu’il est hypnotisé et incapable de réagir. Laissez-le en paix, sans les bombardements quotidiens qu’il a vécus et il est prêt à tout accepter, à avaler toutes sortes de couleuvres, à applaudir à ces chefs vendus et à leur faire des courbettes.
Quant à ceux parmi ces citoyens qui ont acquis un certain degré de conscience, qui ont un bon niveau intellectuel et des moyens financiers, ils optent pour l’émigration.
Et c’est ainsi que le pays se vide petit à petit de ses cerveaux, de ses forces vives, de son élite cultivée et compétente, laissant la gestion des lambeaux qui en restent à ceux-là mêmes qui l’ont mené à cet état et qui sont ravis de pouvoir continuer à le mettre en coupe réglée sans que des citoyens conscients et responsables puissent les empêcher de le faire.
Le tableau, on le voit, est très sombre. Et l’avenir très lugubre. Y’aura-t-il enfin un sursaut de la part de ce peuple endormi ? Cela tiendrait du miracle.
Espérons-en un puisque nous sommes sur la terre des miracles.
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