Le leader druze Walid Joumblatt (à gauche sur la photo) et le ministre sortant de l'Energie, César Abi Khalil. Photos ANI
Le leader druze Walid Joumblatt a critiqué mercredi des contrats signé entre l'Etat et des sociétés étrangères, notamment l'entreprise russe Rosneft et l'américaine Primesouth, chargées respectivement de la réhabilitation des réservoirs de carburants de Tripoli et de la centrale électrique de Deir Ammar, accusant "des intermédiaires de l'Etat" de vendre les "ressources nationales".
"Au plus fort de la crise gouvernementale, des contrats ont été conclus de manière quasi-consensuelle pour deux infrastructures essentielles des biens publics : les réservoirs de carburants de Tripoli et la centrale électrique de Deir Ammar", a affirmé le chef du Parti socialiste progressiste (PSP) dans un tweet, accusant les responsables de "vendre les ressources nationales à travers des intermédiaires de l'Etat".
Vendredi, le ministre sortant de l’Énergie avait signé un contrat de vingt ans avec la compagnie pétrolière semi-publique russe Rosneft pour la réhabilitation, l’expansion et l’exploitation des réservoirs de carburants à Tripoli. Cet appel d’offres avait été lancé en mai 2017 suite à une décision du Conseil des ministres. Construits en 1932, les anciens réservoirs de Tripoli ont tous été détruits pendant la guerre en 1983. Un premier appel d’offres avait été lancé en 2011 par l'actuel ministre sortant des Affaires étrangères, Gebran Bassil, alors ministre de l’Énergie, pour leur réhabilitation et la construction de nouveaux réservoirs, "mais les séries de violences qu’a connues Tripoli à ce moment-là n’ont pas encouragé les compagnies intéressées à présenter des offres", avait rappelé M. Abi Khalil.
La centrale de Deir Ammar, elle, fait l'objet d'un contrat avec la société américaine Primesouth, spécialisée dans la gestion d’infrastructures énergétiques. La société avait remporté en 2016 un appel d’offres pour gérer cette centrale et celle de Zahrani (Liban-Sud) pendant cinq ans, avec une proposition de 339 millions de dollars.
Réagissant aux critiques de M. Joumblatt, César Abi Khalil a rétorqué, sur son compte Twitter, que "l'attribution du contrat pour Deir Ammar 2 a eu lieu après un appel d'offres lancé par la Direction des adjudications (DDA) approuvé par la Cour des comptes et le Conseil des ministres". "Après des années de perturbation, le gouvernement a approuvé sa nouvelle méthode de financement, dans le cadre de la loi, et avec la même société", a-t-il ajouté.
Il a souligné que "Rosneft a gagné l'appel d'offres pour la gestion des infrastructures dans le Nord lors d'un appel d'offres mondial, lancé il y a plus de dix mois, et des négociations pour immuniser le contrat contre les intermédiaires de certains pays mécontents".


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine