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Diaspora

Quand les immigrés libanais mettaient leur tête sur les rails du train...

Uruguay
Naji FARAH | OLJ
28/01/2019

La revue Hoja de cedro (Feuille de cèdre) poursuit son chemin depuis l’Uruguay pour apporter tous les mois des nouvelles fraîches concernant la communauté libano-uruguayenne de la ville de Tranqueras et du reste du pays. Les principaux événements relatifs au pays du Cèdre et à ses descendants y sont relatés avec des informations variées et divertissantes traduites en plusieurs langues.

L’Espace Khalil Gibran, dans l’édition du mois de janvier, reprend quelques citations de José Saramago, André Maurois et Voltaire, ainsi qu’un proverbe en arabe : « Les livres, les chemins et les jours donnent à l’homme la sagesse ». Le cours de langue arabe du mois comporte l’équivalent d’une vingtaine de mots en espagnol commençant par la lettre A. Il est question des stations balnéaires du Rio de la Plata et des plages de Tyr dans la rubrique « Tourisme Uruguay – Liban », ainsi que de la recette des karabije dans la partie culinaire. La publication souligne que l’année 2019 a été déclarée par l’ONU année internationale des langues indigènes et que l’Union libanaise culturelle mondiale (ULCM) célèbre cette année son soixantième anniversaire.

Dans son éditorial, José María Almada Sad raconte avec nostalgie l’histoire de la station de train de Tranqueras, qui a reçu, depuis sa mise en fonction en 1892, les premiers immigrants libanais, espagnols, italiens, français, allemands et autres, arrivés en Uruguay par bateau au port de Montevideo après une longue traversée de l’Atlantique. Dans ce pays, ils ont trouvé une terre hospitalière. José María Almada Sad se souvient avec joie de son enfance lorsque, sur le chemin de l’école, il mettait avec ses amis sa tête sur les rails de manière irresponsable pour écouter les vibrations annonçant le prochain train et posait une pièce de monnaie qui, écrasée par le train, devenait un véritable trophée. Il mentionne les anciens, pour lesquels le passage du train nocturne, spécialement, constituait l’événement social le plus important de la ville. En effet, c’est sur la plazoleta, l’espace entourant la gare, que se formait une grande partie des couples…

« Les immigrés sont venus sans rien savoir d’ici, mais se sont adaptés rapidement à une nouvelle vie, à un nouveau lieu où ils ont acquis une maison. Travailleurs prospères, ils ont tout de suite été appréciés par les habitants. Ils ont provoqué une multitude d’éclats de rire, sains et amicaux, et ont fait l’objet de mille anecdotes inspirées de leur apprentissage de la nouvelle langue. Ils ont incarné mille histoires de la vie, enfouissant dans l’âme le déracinement cruel, ainsi que la nostalgie et les amours qui sont restées là-bas parmi les cèdres. Ils ont vite souri à leur patrie adoptive et à leurs nouveaux amis. Ceci n’est pas un film basé sur des événements réels, c’est la vraie vie. Et, contrairement aux films, toute ressemblance avec la réalité n’est pas une simple coïncidence : le train relie le passé avec le présent, même si nous ne mettons plus l’oreille sur les rails ; aujourd’hui, nous y plaçons notre âme pour écouter… » conclut l’éditorialiste.

Cette page est réalisée en collaboration avec l’Association RJLiban. E-mail : monde@rjliban.com – www.rjliban.com


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