Le Parlement grec a validé vendredi le nouveau nom de la Macédoine, mettant un terme à près de 30 ans de dispute avec ce petit pays voisin et lui ouvrant les portes de l'Union européenne et de l'OTAN.
Au moment où quelques centaines de Grecs s'étaient rassemblés sous la pluie devant le Parlement à Athènes, 153 députés sur 300 ont voté en faveur de l'accord conclu en juin entre Athènes et Skopje, qui rebaptise l'"Ancienne république yougoslave de Macédoine" (ARYM) en "République de Macédoine du Nord". 143 se sont prononcés contre.
Le Premier ministre grec Alexis Tsipras a salué un "jour historique", voyant dans le vote l'ouverture d'"une nouvelle page" pour les Balkans. Il est avec son homologue macédonien Zoran Zaev le principal artisan de cet accord qui oeuvre selon lui "pour l'amitié, la coopération et la paix".
Le chef du gouvernement macédonien a également salué une "victoire historique" et félicité son "ami" Alexis Tsipras. "Ensemble avec nos peuples, nous avons remporté une victoire historique. Vive l'accord de Prespa ! Pour une paix éternelle et le progrès des Balkans et en Europe", a-t-il tweeté.
Le texte a été adopté après près de 40 heures de débats houleux et un comptage des votes ponctué de huées. Un élu d'extrême droite a crié "Non à la trahison !" en votant "non". L'annonce des résultats du scrutin par le président de la chambre, Nikos Voutsis, a en revanche été applaudie par les députés du parti de gauche Syriza d'Alexis Tsipras.
Au-delà de la question du nom, l'accord dit de Prespes (ou Prespa) permet de lever un obstacle de taille à l'entrée dans l'UE et l'OTAN de cette ancienne république yougoslave, coincée entre l'Albanie, le Kosovo, la Serbie, la Bulgarie et la Grèce. Athènes avait mis son veto à ces adhésions tant que l'accord ne serait pas ratifié.
"Beaucoup de sueur"
Le chef de la diplomatie allemande Heiko Maas s'est félicité de cette "victoire pour la démocratie". "Ce processus a fait couler beaucoup de sueur et aussi quelques larmes", a-t-il ajouté, saluant les "énormes efforts" d'Athènes et de Skopje "pour enfin régler ce différend".
"Le courage et l'espoir ont vaincu la peur. L'avenir est là", a quant à lui souligné le ministre macédonien des Affaires étrangères, qui a pris part à la préparation de cet accord avec son ex-homologue grec Nikos Kotzias.
Le ministre albanais des Affaires étrangères Ditmir Bushati a aussi salué "un moment historique pour les Balkans et l'Europe".
Mobilisation "jusqu'au bout"
Mais le texte gréco-macédonien, signé le 17 juin sous l'égide de l'ONU, est loin d'être anodin pour la population en Grèce, où la mobilisation n'a pas faibli contre le nouveau nom de la Macédoine.
"Jusqu'au bout, nous nous opposerons à cet accord. Même s'il est voté par le Parlement, nous continuerons à montrer notre mécontentement", a déclaré Michalis, un trentenaire habitant dans le Péloponnèse, qui a manifesté jeudi à Athènes à l'appel des organisations défendant "la grécité" de la Macédoine. Cette manifestation de quelques milliers de personnes s'est soldée par de brèves échauffourées devant le Parlement.
Dimanche, de violents incidents avaient éclaté au cours d'un rassemblement de 60.000 à 100.000 protestataires sur la place Syntagma, devant le Parlement. Le gouvernement avait pointé du doigt des extrémistes du parti néonazi Aube Dorée.
Pour les Grecs, le terme Macédoine n'appartient qu'à leur patrimoine historique et à la province éponyme du nord de leur pays, terre natale d'Alexandre le Grand. Certains redoutent même que le petit Etat balkanique voisin n'ait des velléités d'annexer cette région grecque qui ouvre sur la mer Egée, un accès dont il est privé.
Voté le 11 janvier par le Parlement macédonien, l'accord suscite en Grèce l'opposition de 62% des personnes interrogées, selon un sondage Pulse SKAI TV publié jeudi.
La majorité des partis politiques étaient farouchement opposés à l'accord, de l'extrême droite aux socialistes du Kinal et aux communistes du KKE, en passant par la grande formation de droite Nouvelle-Démocratie (78 députés).
Ce sont surtout les 145 députés du Syriza et quelques dissidents de l'ancien allié d'Alexis Tsipras, le parti souverainiste des Grecs Indépendants Anel, et de petits partis centristes, Kinal (socialistes) et Potami, qui ont voté pour l'accord vendredi.
Au moment où quelques centaines de Grecs s'étaient rassemblés sous la pluie devant le Parlement à Athènes, 153 députés sur 300 ont voté en faveur de l'accord conclu en juin entre Athènes et Skopje, qui rebaptise l'"Ancienne république yougoslave de Macédoine" (ARYM) en "République de Macédoine du Nord". 143 se sont prononcés contre.Le Premier ministre grec Alexis Tsipras a salué un "jour historique", voyant dans le vote l'ouverture d'"une nouvelle page" pour les Balkans. Il est avec son homologue macédonien Zoran Zaev le principal artisan de cet accord qui oeuvre selon lui "pour l'amitié, la coopération et la paix"....

