Liban

Écoles fermées... et le numérique alors ?

Citoyen grognon
19/01/2019

Le mauvais temps qui a sévi au Liban sous forme de tempêtes aux prénoms féminins a mis en exergue une consternante réalité. Chaque nouvelle dépression, chaque pluie torrentielle, chaque épisode neigeux pousse les autorités à décréter une ou plusieurs journées de fermeture des écoles. Sécurité oblige ! À la plus grande joie des élèves et de parents inquiets pour leur progéniture. Rien de plus logique, vu la déplorable infrastructure routière du pays. Sans compter que lorsque les éléments se déchaînent, mieux vaut rester à l’abri. Les inondations, éboulements de terrain, coulées de boue provoqués par les pluies battantes n’ont d’ailleurs épargné aucune région, avec leur lot de dégâts matériels, de victimes même.

Sauf qu’au XXIe siècle, à l’ère du numérique, il est inadmissible que chaque fermeture forcée d’écoles soit une journée de perdue pour les élèves. Rien qu’en deux semaines, les écoliers ont raté quatre jours de classe en raison du mauvais temps et deux jours supplémentaires pour cause de sommet économique arabe. L’équivalent d’une bonne semaine, alors qu’ils rentrent tout juste des vacances de Noël.

Qu’auront-ils fait, les jeunes du Liban, durant ces journées de fermeture forcée ? Pas grand-chose, assurément. Ils auront probablement dormi jusqu’à midi. Et le reste du temps, surfé sur les réseaux sociaux, joué en ligne ou tout simplement glandé entre copains en écoutant de la musique, dans l’attente que le soleil se couche. Les plus studieux auront vu et revu leurs leçons, fait et refait quelques exercices, histoire d’être à jour dans leur programme scolaire. Dans le meilleur des cas, les enseignants auront distribué à leurs élèves une tonne de pages à retenir ou de devoirs à rendre, qu’ils ne prendront même pas la peine de corriger à la rentrée. Rien de particulièrement intéressant. Une perte sèche de temps, quoi ! La sécurité de nos chères têtes brunes passe indubitablement avant toute autre considération. Mais une fois celle-ci assurée, il est largement temps que les journées de classe perdues, quelles qu’en soient les causes, soient enfin mises à profit. De manière intelligente et créative. Une journée de classe, c’est si précieux et si difficile à rattraper, plus particulièrement au Liban, où l’on ne rate aucune fête religieuse chrétienne ou musulmane, où les grandes vacances s’étalent sur douze bonnes semaines...

Pour expliquer un cours, une notion, une technique ou un exercice, nul besoin d’une salle de classe traditionnelle, d’un tableau noir et d’une craie. Nul besoin qu’élèves et enseignants se retrouvent dans un même espace physique. Qu’il pleuve ou qu’il vente, la classe peut se faire sur internet, en groupes ou individuellement. Et dans le pire des cas, l’enseignant peut distribuer ses consignes par mail, voire par message, quitte à encadrer ses élèves, à accompagner leur travail au fil des heures.

Pas besoin, pour ce faire, de moyens hautement sophistiqués. Juste d’une connexion internet, saupoudrée d’une dose de disponibilité et d’un brin de bonne volonté de la part des différents acteurs de l’éducation, publique et privée. Faut-il rappeler qu’un nombre élevé d’enfants et d’adolescents du pays, même ceux issus de milieux défavorisés, sont connectés à toute heure du jour et de la nuit, et fort capables de manipuler un téléphone portable, pour le moins ? Ils en usent bien pour chatter avec leurs proches, poster photos et blagues sur les réseaux sociaux. Rien ni personne ne devrait les empêcher de recourir à ce procédé pour leur éducation.

Certaines écoles en ont fait l’expérience, publiques et privées. La réussite était étonnante. Mais le peloton peine à suivre. L’institutionnalisation de l’école via internet n’est pas encore pour demain. Et c’est bien dommage !

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Tina Chamoun

On devrait rebaptiser cet édito: Lecteur donneur de leçons. Tiens, ça tombe bien en plus. Lol

LIBAN D'ABORD

ENCORE FAUT IL QUE CES ELEVES AIENT L'ELECTRICITE DURANT LA TEMPETE

SANS COMMENTAIRES SUPERFLUS CAR DE NOUVEAU M BASSIL ET CONSOR SERONT MIS SUR LA SCELETTE CE QUI N'EST PAS L'OBJET DE CET EDITORIAL

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