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France : prison ferme pour deux sœurs dont toute la famille est partie en Syrie

AFP
18/01/2019

Deux soeurs qui ont vu une vingtaine de leurs proches rejoindre les rangs jihadistes en Syrie ont été condamnées vendredi à Paris à deux et trois ans de prison ferme, notamment pour leur avoir envoyé des milliers d'euros depuis la France.

Le tribunal correctionnel a condamné Anissa, une Française de 31 ans, à cinq ans d'emprisonnement dont deux avec sursis assorti d'une mise à l'épreuve comprenant une série d'obligations. Ayant déjà passé un an en détention provisoire, elle pourra purger les deux ans ferme restants sous la forme d'un bracelet électronique. Sa soeur Assia, 36 ans, de nationalité algérienne, purgera elle aussi sa peine de quatre ans dont deux avec sursis et mise à l'épreuve en portant un bracelet électronique pendant deux ans. Le parquet avait requis cinq ans pour Assia, sept pour Anissa, le tout assorti de périodes de sûreté, et surtout l'incarcération immédiate des deux soeurs, qui comparaissaient libres sous contrôle judiciaire.

Originaires de Roubaix, Anissa et Assia T. sont les seules de leur fratrie de neuf enfants à ne pas avoir rejoint l'organisation État islamique (EI). Dans le sillage d'un frère décrit comme charismatique et dominateur, leurs six soeurs ont gagné la Syrie en 2014 avec compagnons et enfants. Leurs deux parents également. Au total, 23 membres de la famille sont partis. Anissa et Assia, qui leur ont envoyé au moins 15.000 euros, étaient notamment jugées pour financement du terrorisme. Elles en avaient retiré le double, prélevé entre autres sur les comptes bancaires de leurs soeurs alimentés par les allocations familiales.

La procureur avait pointé "la désinvolture et le positionnement victimaire des intéressées", qui "n'ont pas endossé la gravité de leurs agissements".

Pour la représentante de l'accusation, les soeurs ont envoyé cet argent en connaissant parfaitement les "activités terroristes" de certains de leurs proches. Sur place, "cette famille n'a cessé de croître et de mettre en danger des mineurs", a-t-elle aussi dénoncé.

Les soeurs étaient également jugées pour association de malfaiteurs à visée terroriste, pour avoir notamment "partagé une grande partie de l'idéologie" de l'EI, ce qu'elles nient farouchement.

Anissa a aussi été condamnée pour avoir aidé à dissimuler des armes que son frère destinait à une "action violente" et pour avoir aidé une jeune fille souhaitant partir en Syrie.

Les deux soeurs ont assuré avoir envoyé l'argent pour aider leurs proches dans "le besoin", particulièrement pour des frais médicaux.

Leurs avocats ont insisté sur leur absence d'"intention" de financer l'organisation EI et souligné l'importance du contexte familial.

"Ces femmes-là ont agi par amour pour leur famille", a souligné Clémence Cottineau, avocate d'Assia, en plaidant sa relaxe.

Et devant les lourdes réquisitions de l'accusation, l'un des avocats d'Anissa, Joseph Hazan, a déploré que le parquet soit "parfois aveuglé par la légitimité du combat qu'il mène".

Aucun des proches d'Assia et Anissa n'est rentré en France. Leur frère et leur père âgé de 73 ans seraient au mains des Kurdes.

Les deux soeurs ont désormais interdiction d'entrer en contact avec leur famille restée en Syrie.

"De lourdes menaces pèsent sur vous en cas de non-respect de vos obligations", les a prévenues le président.

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