Dernières Infos

France : un avocat de jihadistes inculpé pour "financement du terrorisme"

AFP
17/01/2019

Un avocat parisien, défenseur notamment de jihadistes français partis rejoindre le groupe État islamique (EI) en Irak et en Syrie, a été inculpé jeudi à Paris notamment pour "financement du terrorisme" et remis en liberté sous contrôle judiciaire, a-t-on appris de source proche du dossier.

Cet avocat, Bruno Vinay, qui vient de passer 48 heures en garde à vue à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) est soupçonné d'avoir versé de l'argent à un intermédiaire censé exfiltrer d'Irak Maximilien Thibaut, un jihadiste originaire de la région parisienne.

Présenté à un juge d'instruction, il a été inculpé de "financement d'une entreprise terroriste" et "transfert non autorisé d'une somme supérieure à 10.000 euros", selon cette source. Il est soumis à un contrôle judiciaire qui lui interdit de rencontrer ce jihadiste, porté disparu, et son épouse, Mélina Boughedir, ainsi que deux journalistes.

En septembre, l'une d'elles, une journaliste spécialiste des affaires de jihadisme avait été placée en garde à vue à la DGSI dans ce dossier avant d'être remise en liberté sans être poursuivie.

En outre, le juge d'instruction va saisir, sur réquisition du parquet de Paris, le conseil de l'ordre des avocats en vue d'une éventuelle suspension de l'exercice de sa profession d'avocat. La décision, susceptible d'appel appartient à l'instance disciplinaire qui peut prononcer une suspension de 4 mois, plusieurs fois renouvelables.

Selon la source proche du dossier, le versement litigieux porte sur une somme de 20.000 euros collectés auprès de l'entourage du jihadiste et qui devait permettre de faciliter sa reddition auprès des autorités irakiennes, mais celle-ci n'est finalement pas intervenue.

Parti rejoindre l'EI en 2015, Maximilien Thibaut, 33 ans, est l'époux de Mélina Boughedir, une jeune Française condamnée en juin 2018 à Bagdad à la perpétuité pour avoir rejoint l'EI, une peine qui équivaut à 20 années de réclusion au regard de la législation irakienne.

Elle avait échappé à la peine capitale mais était devenue la deuxième Française condamnée à la perpétuité en Irak, moins de deux mois après Djamila Boutoutaou. Toutes deux avaient plaidé avoir été dupées par leurs maris, aujourd'hui introuvables.

À la une

Retour à la page "Dernières Infos"

Dernières infos

Les signatures du jour

Décryptage de Scarlett HADDAD

Influence interne du Hezbollah : deux facteurs suscitent des inquiétudes

Les articles les plus

x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

6

articles restants

Pour déchiffrer un Orient compliqué