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France: Benalla, ex-collaborateur de Macron, en garde à vue

Photo AFP / Alain JOCARD

L'affaire Benalla continue d'empoisonner la présidence française: six mois après son limogeage, cet ex-collaborateur d'Emmanuel Macron est en garde à vue depuis jeudi matin dans l'enquête sur l'utilisation controversée de passeports diplomatiques.

Fin décembre, une enquête avait été ouverte pour "abus de confiance" et "usage sans droit d'un document justificatif d'une qualité professionnelle". Mercredi, elle a été étendue "aux infractions de faux, usage de faux et obtention indue d'un document administratif" après un signalement de la présidence de la République, a précisé le parquet de Paris.

L'affaire avait débuté au cœur de l'été: Alexandre Benalla, 27 ans, est identifié sur des vidéos en train d'interpeller violemment des manifestants à Paris, le 1er mai, alors qu'il était présent aux côtés des forces de l'ordre en qualité de simple "observateur".

Face à la polémique qui enfle, il est débarqué de ses fonctions auprès du président Macron, placé deux jours en garde à vue et inculpé à deux reprises pour "violences en réunion" notamment.

Mais l'affaire rebondit en décembre, lorsque le site d'information Mediapart fait état de l'utilisation de passeports diplomatiques par Alexandre Benalla après son licenciement. Une nouvelle enquête est alors ouverte et la commission du Sénat qui étudie cette affaire depuis juillet, reprend ses travaux.

C'est devant cette commission que Patrick Strzoda, le directeur de cabinet d'Emmanuel Macron a affirmé mercredi que M. Benalla avait utilisé "presque une vingtaine de fois" ses passeports diplomatiques après son licenciement, entre le 1er août et le 31 décembre.

Une version qui contredit les propos de l'intéressé qui avait assuré lors de son audition le 19 septembre devant la commission avoir laissé les passeports diplomatiques après son limogeage dans son bureau de l'Élysée, le palais de la présidence française à Paris.

Devant la commission lundi
Parmi les pays visités grâce à ces passeports diplomatiques, l'ancien collaborateur d'Emmanuel Macron, reconverti dans le consulting selon son entourage, s'est rendu début décembre au Tchad, quelques semaines avant le chef de l'Etat.

Au cours de ce qu'il qualifie de "voyage d'affaires" portant sur des projets d'investissement de "grands patrons du Moyen-Orient", il avait rencontré pendant deux heures le président tchadien Idriss Déby.

Ce télescopage de calendriers, relevé par la presse et dû au hasard selon l'Elysée et M. Benalla, a servi de détonateur à cette nouvelle affaire.

M. Strzoda a par ailleurs souligné que M. Benalla avait été en possession de deux passeports de service, le premier délivré en 2016 "bien avant" son arrivée au palais de la présidence française, le deuxième le 28 juin 2018. Tous deux ont été invalidés le 31 juillet 2018. Il a ajouté que la demande du second passeport de service avait été faite par Alexandre Benalla au ministère de l'Intérieur par une lettre à en-tête du chef de cabinet de l'Élysée, mais "dactylographiée" et non signée. En clair, M. Strzoda soupçonne une "falsification faite par M. Benalla". Ce dernier devrait avoir l'occasion de s'en expliquer à nouveau puisqu'il est convoqué par la commission d'enquête lundi prochain.

Sollicitée par l'AFP, la commission d'enquête sénatoriale n'a pas souhaité réagir à une mesure prise dans le cadre d'une enquête judiciaire.

L'affaire Benalla continue d'empoisonner la présidence française: six mois après son limogeage, cet ex-collaborateur d'Emmanuel Macron est en garde à vue depuis jeudi matin dans l'enquête sur l'utilisation controversée de passeports diplomatiques. Fin décembre, une enquête avait été ouverte pour "abus de confiance" et "usage sans droit d'un document justificatif d'une qualité professionnelle". Mercredi, elle a été étendue "aux infractions de faux, usage de faux et obtention indue d'un document administratif" après un signalement de la présidence de la République, a précisé le parquet de Paris. L'affaire avait débuté au cœur de l'été: Alexandre Benalla, 27 ans, est identifié sur des vidéos en train d'interpeller violemment des manifestants à Paris, le 1er mai, alors qu'il était présent aux côtés...