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Un journaliste condamné à près de 11 ans de prison pour injure au Honduras

AFP
16/01/2019

Deux organisations de défense des droits de l'homme ont protesté mercredi contre la condamnation au Honduras d'un journaliste à dix ans et huit mois de prison pour injure, calomnie et diffamation.

Le journaliste David Romero avait été condamné en première instance en 2016 et la sentence a été confirmée vendredi dernier par la Cour suprême de justice. Il a accusé le président Juan Orlando Hernandez d'avoir demandé à la justice d'engager des poursuites contre lui parce qu'il avait dénoncé des affaires de corruption.

Pour le Comité pour la libre expression (C-Libre) et le Centre pour la promotion des droits de l'homme au Honduras (Ciprodeh) ce type d'accusation ne devrait pas être du ressort de la justice pénale, mais de la justice civile;

La peine prononcée contre David Romero est "disproportionnée", a dénoncé mercredi en conférence de presse le directeur de C-Libre Edy Tabora.

Le journaliste était poursuivi par Sonia Gálvez, épouse de l'ex-procureur général adjoint Rigoberto Cuellar, mais David Romero a accusé le président hondurien d'avoir profité de cette mise en accusation pour inciter les juges à le condamner lourdement en raison de ses enquêtes sur des affaires de corruption.

Edy Tabora a rappelé que le juge Jose Dimas Aguero Echenique avait déclaré avoir été destitué en 2016 pour avoir refusé de se plier à la demande du chef de l'Etat de condamner David Romero.

De son côté, le directeur de Ciprodeh, Wilfredo Mendez, a apporté son soutien à un projet de décret présenté aux députés pour que les atteintes à l'honneur soient désormais traités par la justice civile, et a demandé que cette décison soit d'application immédiate.

Wilfredo Mendez a également indiqué que le Ciprodeh, C-Libre et d'autres organisations ont sollicité les bons offices de la Commission interaméricaine des droits de l'homme (CIDH) en faveur du journaliste condamné.

Depuis 2013, 13 journalistes, huit personnalités politiques, trois syndicalistes, quatre défenseurs de territoires indigènes, deux défenseurs des droits des femmes, un fonctionnaire et deux personnes qui demandaient justice pour des proches assassinés ont été poursuivis pour délits d'atteinte à l'honneur, a détaillé Edy Tabora.

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