Photo d'archives AFP
Alexandre Benalla, ex-conseiller proche du président français Emmanuel Macron, a continué d'utiliser les passeports diplomatiques qu'il prétendait avoir rendus "presque une vingtaine de fois" ainsi qu'un téléphone sécurisé bien après son licenciement l'été dernier, a reconnu mercredi un membre de l'Elysée.
Auditionné par le Sénat, le directeur de cabinet de la présidence de la République Patrick Strzoda a infirmé les propos de l'intéressé qui avait assuré en septembre dernier, lors de sa propre audition, avoir restitué ces documents qu'il détenait au titre de ses fonctions à la présidence.
"M. Benalla a utilisé presque une vingtaine de fois ses passeports entre le 1er août 2018 et le 31 décembre 2018", a déclaré M. Strzoda devant la commission des Lois du Sénat constituée en commission d'enquête, précisant que la première utilisation remontait au 7 août, une semaine à peine après son licenciement.
Selon M. Strzoda, un inventaire du bureau d'Alexandre Benalla avait été effectué le 2 août, au lendemain de son départ de l'Elysée, et les passeports ne s'y trouvaient pas.
Par ailleurs le responsable a reconnu que l'ex-conseiller avait continué d'utiliser un téléphone sécurisé "jusqu'au 4 octobre" admettant sur ce point "des dysfonctionnements ou des manques de réactivité" de la part de ses services.
"On est confronté à un comportement fautif d'un individu qui a peut-être profité de failles du système", a avancé M. Strzoda.
La commission du Sénat s'était donnée 6 mois pour enquêter sur cette affaire, qui a éclaté au coeur de l'été et rebondi fin décembre avec la révélation de l'utilisation par M. Benalla de ses deux passeports diplomatiques, finalement restitués la semaine dernière - près de six mois après son licenciement.
Selon la presse, l'ancien collaborateur d'Emmanuel Macron effectuait ainsi des voyages d'affaires auprès de dirigeants africains, notamment au Tchad à la veille d'une visite officielle du président français comme en décembre.
Alexandre Benalla avait déclenché une tempête politique l'été dernier après la diffusion d'images le montrant en train d'interpeller violemment des manifestants le 1er mai alors qu'il n'avait aucune prérogative policière. Il a été limogé en juillet dernier.


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