La mission de l'ONU en Libye (Manul) a condamné mercredi une "mobilisation militaire" au sud de la capitale Tripoli, mettant en garde contre une reprise des combats entre milices rivales, quelques mois après des violences meurtrières.
Entre fin août et début septembre, des combats entre des groupes armés venant d'autres villes de l'ouest libyen et des milices tripolitaines ont fait au moins 117 morts et plus de 400 blessés.
Les violences s'étaient arrêtées après un accord de cessez-le-feu conclu en septembre sous l'égide de l'ONU. Mais une milice venue de la ville de Tarhouna (ouest), la "7e brigade", a gardé ses positions depuis au sud de la capitale libyenne.
Sur sa page Facebook, la Force de protection de Tripoli, une alliance qui regroupe les principales milices tripolitaines, a indiqué qu'elle comptait "repousser l'attaque des groupes d'assaillants", après "le non respect par ces derniers de leur engagement de se retirer en dehors des frontières de la zone militaire de Tripoli".
Selon des témoins, des tirs intermittents ont été entendus mercredi au sud de la capitale, où des routes ont été fermées à la circulation.
La Manul a "condamné fermement la récente mobilisation militaire", indiquant dans un communiqué qu'elle "surveillait la situation de près". Elle a "mis en garde les parties contre toute violation de l'accord de cessez-le-feu conclu les 4 et 9 septembre 2018, qui compromettrait la stabilité de la capitale et, plus important encore, mettrait en danger la vie des civils et de leurs biens". "Toute partie qui initie une confrontation sera tenue pleinement responsable", a averti la Manul.
Dans l'ouest libyen, les milices rivales s'adonnent à une lutte d'influence pour dominer la capitale et contrôler les institutions et les richesses du pays, plongé dans le chaos depuis la chute de régime de Mouammar Kadhafi en 2011.
Les principales milices tripolitaines affirment être loyales au Gouvernement d'union nationale (GNA) reconnu par la communauté internationale, mais cet exécutif peine a imposer son autorité sur ces groupes.
Le pays est par ailleurs divisé avec la présence dans l'Est, d'un cabinet parallèle appuyé par l'Armée nationale libyenne (ANL) autoproclamée par le maréchal Khalifa Haftar.


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