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Algérie : émoi dans le milieu du cinéma et de la télé après une tentative d'immolation

AFP
16/01/2019

Une centaine de professionnels algériens du cinéma et de la télévision ont dénoncé "l'anxiété" résultant des obstacles à leur métier, dans une lettre consultée mercredi par l'AFP, publiée après qu'un producteur a tenté de s'immoler par le feu dans les locaux d'une chaîne.

Ce geste extrême a été effectué le 7 janvier par Youcef Goucem, producteur de télévision, dans le hall de Dzaïr TV, alors qu'il ne parvenait pas à obtenir sa rémunération pour la diffusion d'un feuilleton en 2017 par cette chaîne privée, a dit à l'AFP le producteur et réalisateur Saïd Mehdaoui, ami de la victime.

M. Goucem "est hors de danger" mais "52% de son corps a subi des brûlures", a précisé M. Mehdaoui, un des signataires de la lettre.

Dans un communiqué relayé par la presse algérienne, la chaîne Dzaïr TV, propriété du patron des patrons algériens, Ali Haddad, PDG de la plus importante société algérienne de travaux publics et réputé proche du cercle présidentiel, a regretté un "différend commercial qui, malheureusement, a tourné au drame".

Lorsqu'il a tenté de s'immoler, M. Goucem sortait d'un entretien avec le nouveau directeur général de la chaîne qui l'avait "rassuré quant à la prise en charge de sa requête et son traitement avec les services de l'administration, le lendemain", selon Dzaïr TV.

"Le drame nous a poussés à réfléchir à nous structurer afin de défendre nos droits", a expliqué à l'AFP Saïd Mehdaoui, rappelant que "les cinéastes n'ont ni syndicat ni association" pour les représenter.

Dans leur lettre, la centaine de producteurs, réalisateurs, comédiens ou techniciens soulignent la nécessité d'une "action structurelle et structurée" pour mettre fin "aux abus consentis, à la cooptation admise, aux manquements à la parole et aux petites et grandes injustices".

"Nous savons dans quel état d'anxiété extrême l'on peut se retrouver face aux problèmes rencontrés au cours d'une production ou entravant sa finition ou retardant indéfiniment l'acquittement des dettes engendrées par celle-ci", écrivent-ils.

Le "passage à l'acte" de Youcef Goucem, "doit nous pousser (...) vers des initiatives de rassemblement, de reconquête de nos espaces de parole et de créativité, d'exercice de nos droits et de préservation de nos acquis", indiquent les signataires.

En septembre, une quinzaine de cinéastes et producteurs algériens avaient dénoncé la "censure" et les "limites à la liberté d'expression" en Algérie, après l'interdiction de plusieurs films par les autorités.

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