Les Etats-Unis seront "complètement" responsables d'une rupture du traité sur les armes nucléaires de portée intermédiaire (INF), a affirmé mardi le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Riabkov après des négociations à Genève qui n'ont permis "aucune avancée".
"La responsabilité pour cela reposera entièrement et complètement sur la partie américaine", a-t-il déclaré, cité par les agences russes, après les négociations au sujet de ce traité datant de la Guerre froide duquel les Etats-Unis menacent de se retirer.
Sergueï Riabkov a estimé mardi "qu'après ce contact à Genève, nous voyons clairement l'ambition de Washington d'aller jusqu'au bout dans son intention de détruire cet accord", dénonçant "les exigences sans compromis et péremptoires" des Etats-Unis.
"Dans l'ensemble, il est forcé de constater qu'il n'y a eu aucune avancée", a-t-il ajouté, précisant qu'aucune autre rencontre entre les deux pays n'est prévue pour l'instant.
"Nous ne devons pas ralentir nos efforts. Il faut continuer à expliquer avec insistance à la partie américaine la contre-productivité de leur tentative de faire pression sur la Russie, et d'autre part la nocivité et la gravité des conséquences" d'un retrait américain, a poursuivi M. Riabkov.
"Nous sommes prêts à dialoguer sur un principe d'égalité, de respect mutuel, sans mettre en avant des ultimatums", a-t-il encore ajouté.
Le traité INF, en abolissant l'usage de toute une série de missiles d'une portée variant de 500 à 5.500 km, avait mis un terme à la crise déclenchée dans les années 1980 par le déploiement des SS-20 soviétiques à têtes nucléaires ciblant les capitales occidentales.
L'Otan et les Etats-Unis accusent Moscou de violer le traité INF par la mise au point d'un nouveau système de missile, des accusations rejetées comme "sans fondement" par la Russie qui accuse en retour Washington de violer ce traité.
A la mi-décembre, le président russe Vladimir Poutine a par ailleurs dévoilé les projets de Moscou si les Etats-Unis se retirent du traité, assurant que la Russie développera des missiles stratégiques jusqu'alors interdits par cet accord signé en 1987.


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