Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov. REUTERS/Maxim Shemetov
La question des quatre îles des Kouriles du Sud, appelées Territoires du Nord au Japon et annexées par l'Union soviétique en 1945, a empêché jusqu'à présent les deux pays de signer un traité de paix.
En novembre, Vladimir Poutine et Shinzo Abe ont convenu à Singapour d'accélérer les pourparlers sur la base d'une déclaration de 1956, mais ces déclarations ont été suivies d'un regain de tensions ces dernières semaines.
Après avoir reçu pendant plusieurs heures son homologue Taro Kono à Moscou, Sergueï Lavrov a reconnu que "des divergences significatives" persistaient entre Tokyo et Moscou.
"Nous avons confirmé être prêts à travailler sur la base de la déclaration de 1956, ce qui signifie avant tout le caractère indiscutable, dès le départ, de la reconnaissance par nos voisins japonais du bilan de la Seconde guerre mondiale dans sa totalité, y compris la souveraineté de la Russie sur toutes les îles", a-t-il expliqué.
"C'est notre position de base, et sans avancée dans cette direction il est très difficile de s'attendre à des progrès quelconques sur les autres questions", a ajouté le ministre russe, constatant que les deux pays se situaient "au début du chemin".
A l'ouverture des pourparlers, Taro Kono avait quant à lui appelé les deux parties à "accélérer les négociations et à aller au-delà des limites des positions précédentes".
Lors de ses voeux de Nouvel An, Shinzo Abe a affirmé que les habitants russes des îles disputées devaient se préparer à "un changement de souveraineté" et que l'année 2019 verrait la signature d'un traité de paix, irritant la Russie.
La semaine dernière, l'ambassadeur du Japon à Moscou a été convoqué au ministères des Affaires étrangères pour reprocher à Tokyo de "déformer" la teneur des accords entre Vladimir Poutine et Shinzo Abe et de vouloir "imposer son propre scénario".
Sergueï Lavrov s'est agacé lundi notamment de déclarations publiques de représentants du parti de Shinzo Abe estimant que les Etats-Unis devaient être impliqués dans les négociations en vue d'arriver à un traité de paix entre la Russie et le Japon.
"Nous avons adressé aujourd'hui (lundi) un avertissement très sérieux" à ce sujet, a-t-il poursuivi, s'interrogeant sur la capacité du Japon à "résoudre de telles questions avec une telle dépendance à l'égard des Etats-Unis".
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