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Économie

Une application pour aider les producteurs de lait libanais à gérer leurs cheptels

Innovation

L’alimentation des vaches laitières impacte directement leur productivité.

14/01/2019

Les logiciels de gestion de troupeaux, notamment bovins, ont commencé à débarquer sur les smartphones et les tablettes des éleveurs dans plusieurs pays du monde ces dernières années. Un créneau sur lequel la Fondation René Mouawad (RMF) et Manos Unidas se sont positionnées en lançant Mazraaty en octobre dernier, une application en arabe disponible gratuitement sur iOS et Android et dont l’objectif est d’aider les producteurs de lait de plusieurs régions du Liban-Nord – Akkar, Zghorta et Denniyé – à améliorer la productivité de leurs exploitations.

Le développement de cet outil a été financé par l’ONG espagnole - à hauteur de 7 500 dollars - et exécuté au Liban par la société Anzimaty. La RMF est chargée de la coordination et de la mise en œuvre du projet, ainsi que de la diffusion de l’application, qui est désormais utilisée par plusieurs dizaines de producteurs locaux. L’ingénieur agronome Carlos Nakad, qui travaille pour la fondation, a pour sa part été un des principaux promoteurs du projet. « C’est la première application de ce type au Liban », assure-t-il.


Alertes et codes couleurs
Raëd Abdo, dont la famille gère un cheptel composé de plus d’une trentaine de vaches et de veaux, à quelques kilomètres de Tripoli, fait partie des premiers éleveurs convaincus par ce nouvel outil. « Il s’agit concrètement d’une application qui remplace les registres dans lesquels les producteurs inscrivent tous les jours, à la main, les données indispensables pour suivre l’évolution du troupeau », explique-t-il à L’Orient-Le Jour. Le concept existe déjà à l’étranger. L’éleveur enregistre une première fois toutes les informations relatives à chaque animal qu’il possède (pedigree, date d’entrée dans l’exploitation, état, alimentation, etc.) qu’il doit ensuite mettre quotidiennement à jour. L’interface va ensuite, à travers un système d’alertes et de codes couleurs, informer le fermier des différentes étapes auxquelles il doit préparer chaque animal (chaleur, vêlage, traite, sevrage, etc.).


(Pour mémoire : Produits laitiers : vers un protectionnisme renforcé)


« L’application fournit également des informations sur les apports nutritifs des mélanges avec lesquels je nourris mon troupeau, ce qui m’a encouragé à ajuster leurs compositions », poursuit Raëd Abdo. « Les bovins sont très sensibles à la qualité de leur alimentation et une vache laitière qui est mal nourrie peut vite voir son rendement baisser, sans parler des problèmes de santé potentiels qui peuvent provoquer d’importants coûts pour l’exploitation », rebondit Carlos Nakad. « L’alimentation d’une vache varie en fonction de sa race, de son âge, mais aussi son état (vêlage, sevrage, etc.) et les apports peuvent différer d’une tête à l’autre », ajoute-t-il. « Enfin, une vache produit plus de lait, soit une trentaine de kilogrammes par jour, après avoir mis bas, et il faut respecter scrupuleusement le cycle de reproduction pour réussir un vêlage par an et assurer ainsi un niveau satisfaisant de productivité », conclut Carlos Nakad.S’il est encore trop tôt pour tirer un bilan de l’impact de Mazraaty sur la productivité des élevages libanais, les producteurs qui l’utilisent semblent pour l’instant séduits. « Le temps nécessaire pour mettre à jour les informations est réduit de moitié et le système d’alertes et de codes couleurs limite drastiquement les erreurs de gestion et donc les baisses de production ou de qualité du lait produit », constate un autre fermier de la région, Bachir Naoum, dont l’exploitation est environ deux fois plus grande que celle du premier fermier interrogé.

La RMF et Manos Unidas espèrent de leur côté convaincre 200 éleveurs du Liban-Nord – dont une vingtaine d’exploitations gérées par des femmes – d’utiliser cette application pour optimiser la gestion de leur cheptel. Selon elles, 60 % des fermiers du Liban-Nord tirent une partie de leurs revenus des produits laitiers. La région est une des régions les plus importantes du pays en termes de production de lait de vache, loin derrière la Békaa où sont rassemblées plus de 75 % des têtes du pays, soit plus de 18 000, selon un rapport de BlomInvest publié en 2016.

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L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

BIEN SUR IL FAUT Y METTRE DE L,ORDRE EN S,ORGANISANT !

Tina Chamoun

Meuh oui fallait y penser!

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