Le secrétaire général adjoint du Hezbollah, le cheikh Naïm Kassem. Photo d'archives AFP/Stringer
Le secrétaire général adjoint du Hezbollah, le cheikh Naïm Kassem, est revenu à la charge samedi pour défende les députés sunnites du 8 Mars qui réclament d'être représentés au sein du gouvernement de Saad Hariri, alors que la mise sur pied du cabinet semble avoir été reportée sine die faute d'accord politique. Il a également assuré que son parti n'entravait pas la formation du gouvernement.
Lors d'un discours prononcé à l'occasion de l'inauguration d'un événement culturel partisan, le dignitaire chiite s'est demandé s'il "est logique que la formation du gouvernement s'arrête sur le refus d'accorder à la Rencontre consultative (le groupe parlementaire des sunnites du 8 Mars) un seul portefeuille ministériel alors qu'ils sont six députés, élus par le peuple dans diverses régions".
"Tous les indices montrent que la vrai raison derrière l'impossibilité de former le gouvernement est le refus de reconnaître le résultat des dernières élections législatives (...) afin de ne pas accorder le droit de représentation à ceux qui ont été élus par le peuple, sur base de la proportionnelle", a estimé le numéro deux du Hezbollah.
" (...) Le cri des Libanais et la situation sociale et économique ne priment-ils pas sur toute autre considération?", s'est encore interrogé le dignitaire chiite. "La question (de la représentation sunnite) aurait dû être réglée dès le premier jour afin de donner à chacun son droit. Les excuses concernant le blocage ne convainquent pas le peuple. Toutes les analyses selon lesquelles nous entravons la formation du gouvernement ou qui affirment que nous ne voulons pas de gouvernement sont fausses", a-t-il insisté.
"Accordez une représentation à la Rencontre consultative et le gouvernement naitra dans l'heure qui suit", a lancé le cheikh Kassem.
La formation du gouvernement, attendue depuis plus de sept mois et qui semblait imminente à la veille des fêtes de fin d'année, semble reportée sine die. Le processus continue de buter sur le fameux obstacle sunnite, né de l’insistance des six députés hostiles au Courant du Futur – et bénéficiant d’un appui indéfectible du Hezbollah – de prendre part au cabinet.
Avant les fêtes, les six députés sunnites pro-8 Mars avaient annoncé qu'ils retiraient le nom de Jawad Adra de leur liste de ministrables à présenter au président de la République. Selon des informations concordantes, cette décision était motivée par la volonté du chef du CPL, Gebran Bassil, d'attirer M. Adra dans son giron et de former avec les ministres nommés par son parti et le chef de l’État un groupe de 11 ministres pour constituer un tiers de blocage au sein du gouvernement.
Dans ce contexte, le Hezbollah fait porter la responsabilité du blocage de la formation du cabinet au Premier ministre désigné Saad Hariri. Ce dernier accuse pour sa part le parti chiite d'entraver la formation d'une nouvelle équipe ministérielle.


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