X

Campus

« Tu n’es pas un homme quand tu prives la femme de ses droits »

COMPÉTITION

Le rappeur Ali Awada remporte une compétition artistique sur les droits des femmes organisée par l’AiW de la LAU et l’Escwa.

12/01/2019

C’est avec sa chanson Haqqek (Ton droit) que Ali Awada, rappeur et activiste originaire de Baalbeck, a été désigné vainqueur de la 3e édition de la compétition artistique régionale annuelle lancée par l’Institut arabe pour les femmes (AiW) de l’Université libano-américaine (LAU) ainsi que par la Commission économique et sociale des Nations unies pour l’Asie occidentale (Escwa).

Sous le thème #HearMeToo : Exprimez-vous contre la violence contre les femmes et les filles, la compétition a regroupé des candidats, adultes et enfants, qui ont présenté des œuvres artistiques diverses, de la peinture à la photo, en passant par la vidéo, la musique et les poèmes. Misant sur l’art engagé et sa grande portée, elle a eu lieu dans le cadre de la campagne 16 jours d’activisme contre la violence sexiste, une initiative lancée par l’ONU au niveau international durant les mois de novembre et de décembre.

Si le musicien et rappeur Ali Awada s’est démarqué du lot, c’est que sa chanson Haqqek aborde l’histoire d’une jeune fille rêvant de rencontrer son prince charmant, de fonder une famille et de mener une vie heureuse, mais qui se retrouve, en fin de compte, victime de la violence domestique. Une histoire amère reflétant la situation de la femme dans nos sociétés. « Je sais ce que la femme endure dans notre région. J’ai commencé la chanson en me basant sur une histoire vraie qu’a vécue une proche puis j’ai abordé les droits des femmes et la problématique du genre pour sensibiliser les gens dans la région », confie Ali Awada qui considère le sujet des droits des femmes le plus important. « En voyant des femmes de ma famille souffrir de problèmes relatifs à leurs droits, j’ai été l’un des premiers à me mobiliser pour cette cause », ajoute-t-il.

Pour ce rappeur, la compétition a ainsi été une occasion d’exprimer son engagement en faveur des droits de la femme, lui qui est aussi un militant de l’Organisation libanaise pour les études et la formation, à Baalbeck, une association qui l’a soutenu dans son projet et qui a contribué à partager sa chanson sur les réseaux sociaux. Fort de son succès et de l’impact positif que Haqqek a eu, Ali a ainsi participé à la compétition, « satisfait par le fait que la chanson atteigne un public plus large », note-t-il, sa seule motivation étant la cause qu’il défend.


Chanter le rap pour atteindre le public

« La chanson est un moyen de faire parvenir mon message, celui de l’égalité homme-femme. Malheureusement, la femme n’a même pas obtenu ses droits minimaux, ce qui est inacceptable », s’indigne cet activiste qui a choisi le rap pour interpréter les paroles qu’il a écrites en quelques jours. « Le rap est un genre accessible et un moyen direct pour faire parvenir un message et atteindre le public, souligne-t-il. Je pense que les gens en ont assez des discours et des conférences. »

La particularité de cette chanson est qu’elle s’adresse directement aux hommes, cassant le stéréotype de l’homme fort, supérieur à la femme, qui exerce la violence verbale et physique à son encontre. « Tu n’es pas un homme quand d’un mot tu prives la femme de tous ses droits, tu n’es pas un homme quand d’un mot tu l’insultes et l’humilies… » chante ainsi Ali Awada, qui envoie aussi un message à la femme, l’invitant à « mener la guerre pour vivre en paix », à ne laisser personne étouffer sa voix, à être fière, à prendre confiance et à défendre tous ses droits, dont son droit au travail, à la politique, à la maternité ou à donner la nationalité à ses enfants. « Tu es la moitié de la société, et ceci est essentiel », scande-t-il en chantant, avant d’ajouter : « Prends ton droit, prends ta dignité et ta liberté. »

Devant un large public, en décembre, à la LAU, Ali Awada a interprété sa chanson avec enthousiasme lors de l’annonce des résultats de la compétition qui a eu lieu pendant la table ronde Lutter contre la discrimination fondée sur le genre à travers l’art, organisée par l’Escwa et par l’Institut arabe pour les femmes (AiW).

Fondé par la LAU en 1973, l’AiW, anciennement Institut des études sur les femmes dans le monde arabe

(Iwsaw), s’engage dans la recherche, au niveau académique, sur les femmes dans le monde arabe. L’institut vise également à renforcer et autonomiser les femmes par le biais de programmes de développement et d’éducation. Par ailleurs, l’AiW dispense un cursus académique dont une maîtrise en études interdisciplinaires sur le genre.


À la une

Retour à la page "Campus"

Dernières infos

Les signatures du jour

Les + de l'OLJ

1/1

Les articles les plus

x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

6

articles restants

Pour déchiffrer un Orient compliqué