Le chef du Courant patriotique libre, Gebran Bassil, lors d'une tournée à Zahlé, dans la Békaa, le 11 janvier 2019. Photo Twitter/@Gebran_Bassil
Le chef du Courant patriotique libre et ministre libanais sortant des Affaires étrangères, Gebran Bassil, a affirmé qu'il était "parmi les premiers à réclamer le retour de la Syrie au sein de la Ligue arabe", après son exclusion en 2011 après le début de la révolte contre le régime du président Bachar el-Assad.
"Notre relation avec la Syrie est dans l'intérêt du Liban dans toutes ses composantes et ne peut faire l'objet de surenchères internes de la part de certaines personnes qui voudraient améliorer leurs relations personnelles avec la Syrie aux dépens du Liban", a affirmé M. Bassil, lors d'une tournée à Zahlé, dans la Békaa.
"Nous sommes parmi les premiers à réclamer le retour de la Syrie au sein de la Ligue, et nous ne suivrons pas ceux qui se rendent en Syrie uniquement quand cela leur convient", a ajouté Gebran Bassil, dont la formation entretient de bonnes relations avec le régime Assad depuis de nombreuses années, après un virage politique effectué en 2006.
"La guerre en Syrie nous a étouffés et nous a empêchés d'accéder aux marchés arabes. Il est inacceptable qu'on soit étouffés en temps de paix", a ajouté M. Bassil. Il a rappelé que "le Liban s'était opposé à la suspension de la Syrie de la Ligue arabe et a gardé de bonnes relations" avec Damas, soulignant qu'il était "normal que le Liban réclame aujourd'hui le retour de la Syrie au sein de la Ligue arabe".
"Nous tenons à l'union nationale, mais nous ne sommes pas prêts à mettre en danger nos intérêts nationaux et nous n'attendrons pas une décision de l'étranger", a-t-il fait savoir, sans plus d'explications.
Le Liban accueille le 20 janvier le sommet économique de la Ligue arabe, et l'absence de la Syrie de ce sommet divise la classe politique libanaises, entre alliés du président Assad, et opposants qui refusent que la Syrie se voit invitée à ce sommet.
La commission en charge de l'organisation du sommet a rappelé que cette question est "liée à une décision du Conseil de la Ligue des pays arabes, au niveau des ministres des Affaires étrangères, et qu'il ne s'agit pas d'une décision qui doit être prise par le Liban".
Gouvernement
En outre, Gebran Bassil a estimé que "s'il n'y a pas d''équilibre au niveau de la représentation au sein du gouvernement, rien ne fonctionnera dans ce pays. Si le gouvernement est formé sur des bases faibles, nous ne pourrons pas travailler".
La formation du gouvernement, attendue depuis plus de sept mois et qui semblait imminente à la veille des fêtes de fin d'année, semble reportée sine die. Le processus continue de buter sur le fameux obstacle sunnite, né de l’insistance des six députés hostiles au Courant du Futur – et bénéficiant d’un appui indéfectible du Hezbollah – pour prendre part au cabinet.
Avant les fêtes, les six députés sunnites pro-8 Mars avaient annoncé qu'ils retiraient le nom de Jawad Adra de leur liste de ministrables à présenter au président de la République. Selon des informations concordantes, cette décision était motivée par la volonté du chef du CPL, Gebran Bassil, d'attirer M. Adra dans son giron et de former avec les ministres nommés par son parti et le chef de l’État un groupe de 11 ministres pour constituer un tiers de blocage au sein du gouvernement.
Dans ce contexte, le Hezbollah fait porter la responsabilité du blocage de la formation du cabinet au Premier ministre désigné Saad Hariri. Ce dernier accuse pour sa part le parti chiite d'entraver la formation d'une nouvelle équipe ministérielle.


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