"Je n'oublierai jamais sa capacité de violence", a témoigné jeudi sur Europe 1 le journaliste Didier François, ex-otage en Syrie, à propos du jihadiste français Mehdi Nemmouche, jugé à Bruxelles pour l'attentat perpétré au Musée juif en 2014.
"Quand j'entends ses avocats dire que c'est quelqu'un qui peut être très poli, très urbain... Certainement. C'est quelqu'un de malin. Mais moi, je n'oublierai jamais sa capacité de violence et sa capacité de danger", a déclaré Didier François, détenu avec trois autres journalistes français en Syrie par le groupe Etat islamique, de juin 2013 à avril 2014.
Trois de ces journalistes ont identifié Nemmouche comme l'un de leurs geôliers après le quadruple assassinat au Musée juif de Bruxelles, le 24 mai 2014.
"Mehdi Nemmouche faisait partie des gardes francophones de la police islamique de Daech", a accusé jeudi Didier François. "Il faisait partie des gens qui torturait les Syriens, les Irakiens, les prisonniers (...) Il y avait un déchaînement de violence absolument incroyable".
Avec les otages français, "Mehdi Nemmouche en particulier avait un petit jeu qu'il aimait beaucoup, c'était de s'amuser à nous écraser les ongles avec une pince en acier. Ou pendant les déplacements aux toilettes, il nous électrocutait avec des matraques électriques", a confié le journaliste, très discret sur ses conditions de détention depuis sa libération.
"Moi, il m'avait frappé quarante fois au même endroit sur le haut du crâne avec une matraque plombée. Mais ce n'était rien à côté de ce qui se passait pour les prisonniers syriens qui, eux, étaient vraiment torturés, enchaînés, souvent mis à l'intérieur d'un pneu et menottés autour de barres de fer, puis frappés sur la plante des pieds avec du fil électrique gainé".
Medhi Nemmouche, qui avait invoqué son droit au silence en juillet dernier face aux questions du juge d'instruction parisien, doit répondre de ces accusations lors d'un procès distinct en France. Le procès qui s'est ouvert jeudi devant la cour d'assises de la capitale belge ne porte que sur sa responsabilité présumée dans l'attentat du Musée juif.
Pour Didier François, il faut lors de ce procès "que les gens réalisent à quel point ces gens sont dangereux", alors que plusieurs jihadistes français sont toujours en Syrie. "Il y a une certaine responsabilité à avoir et bien se souvenir qu'on a des ennemis déclarés", a-t-il ajouté.
"A l'origine", Nemmouche est "un délinquant qui s'est radicalisé. Lui-même se définit de manière assez réaliste comme un petit délinquant passé dans le nettoyage ethnique religieux", a rapporté le journaliste français.
"Il passait ses journées à se vanter de rentrer dans les familles de villages chiites, de violer les femmes devant leurs maris, d'assassiner leurs enfants et ensuite de vider leur frigidaire et de manger ce qu'il y avait à l'intérieur, avant de déménager les meubles dans un camion. Et puis après il repartait en chantonnant ou en sifflotant du Aznavour", a encore rapporté le journaliste français. "C'est une personnalité quand même un peu particulière".


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