L'émissaire américain pour la paix en Afghanistan Zalmay Khalilzad est parti mardi pour une tournée en Asie, une nouvelle tentative de mettre enfin un terme à un conflit vieux de dix-sept ans.
Après s'être entretenu avec des représentants des talibans en décembre à Abou Dhabi, M. Khalilzad doit se rendre en Afghanistan mais également en Chine, en Inde et au Pakistan, un voyage qui doit durer jusqu'au 21 janvier, a déclaré dans un communiqué le Département d'Etat américain.
Il n'a en revanche pas précisé si l'émissaire rencontrerait à nouveau les talibans, se bornant à annoncer des échanges avec des "responsables du gouvernement afghan et d'autres parties concernées".
"La seule issue au conflit est que toutes les parties s'assoient autour de la table et trouvent un accord sur l'avenir politique de l'Afghanistan avec un respect et une acceptation mutuels", a dit M. Khalilzad, cité dans le communiqué.
La récente multiplication des initiatives diplomatiques pour impliquer les talibans dans les négociations de paix a causé l'inquiétude des autorités afghanes, qui se sentent tenues à l'écart.
Les insurgés ont refusé à de nombreuses reprises de discuter avec le gouvernement de Kaboul, qu'ils qualifient de "marionnette" de Washington.
"Nous apprécions les efforts, mais toutes les discussions de paix sur l'Afghanistan devraient se dérouler sous l'égide du gouvernement afghan", a réagi mercredi Abdullah Abdullah, le chef de l'exécutif.
"Les responsables politiques afghans sont un peu préoccupés par ces initiatives de paix et la manière dont elles avancent", a-t-il poursuivi.
En décembre, Zalmay Khalilzad, né en Afghanistan, a ouvertement douté de la sincérité des talibans après que ceux-ci eurent refusé de rencontrer des négociateurs du président afghan Ashraf Ghani.
Sa tournée intervient peu après que le président Donald Trump, perdant patience face à cet interminable conflit, a annoncé en décembre son intention de retirer la moitié des 14.000 soldats américains déployés en Afghanistan.
La Russie et l'Iran ont organisé ces derniers mois des rencontres avec les talibans sur leur sol. La Chine, qui veut étendre son emprise sur l'Asie via sa stratégie de "nouvelles routes de la soie", les a invités à des discussions.


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